éclaircissement, chacun présentant les faits à sa ma-nière, ou n’en parlant même pas du tout ; ainsi onchercherait en vain une trace de ces événements dansles numéros de la Gazette de France des mardi 14,vendredi 17, ou mardi 21 juillet 1789. On ne peutpas non plus prendre au sérieux les raisons donnéespar ce que nous nommerions maintenant un placardet qui s’appelait alors un « canard », feuille volanteimprimée d’un seul côté et que l’on criait dans lesrues pendant les dix derniers jours de juillet 89. Ony voit que le bleu indique la justice, la loyauté, labeauté, la bonne réputation ; le rouge veut dire vail-lance, hardiesse, générosité ; le blanc représente es-pérance, pureté, innocence, charité. Sur une de cesfeuilles (conservée à la Bibl. nat., dép. des Estampes),la nouvelle cocarde est appelée cocarde royale et dela liberté, et un dessin la représente, nous le repro-duisons. Il y a une certaine logique dans l’arrange-ment des rubans dans cette cocarde et dans celleadoptée par Louis XVI ; le roi a ajouté des rubansbleus et rouges sur une cocarde blanche, et le peuplede Paris a ajouté un ruban blanc sur un nœud bleuet rouge (1).
Non-seulement l’uniforme de la nouvelle miliceparisienne fut composé des trois couleurs(2), mais« onporta des ceintures, des écharpes, des brassards, des
(!) Sur le drapeau qu’adopta en 1789 la 'garde nationale dudistrict des Capucins du Marais (ci-après, p. 309), on voit une co-carde où les 3 couleurs sont dans cet ordre : blanc au centre, bleuensuite et rouge à l’extérieur.
(2) Voir ci-après, p. 306.