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Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
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défendue par 82 invalides sous le capitaine de Mon-signi, auxquels depuis quelques jours on avait adjoint32 grenadiers suisses du régiment de Salis-Samade,dont, par une bizarre coïncidence, le drapeau, commenous l’avons déjà dit (p. 186), se trouvait justementêtre bleu, blanc et rouge.

Le 17, le roi Louis XYI, étant venu de Versailles à l’Hôtel de Ville de Paris , fut reçu par le maireBailly, qui lui dit : « Sire, j’apporte à Votre Majesté« les clefs de sa bonne ville de Paris ; ce sont lesmêmes qui ont été présentées à Henri IV ; il avait re-« conquis son peuple, ici c’est le peuple qui a re-« conquis son roi ! » En ce moment le roi, d’aprèsle conseil, dit-on, de M. de la Fayette, attacha la co-carde parisienne bleue et rouge sur la cocarde blanchequ’il portait à son chapeau. De là la cocarde tricolore,qui fut, en effet, sous la République et sous le premierEmpire, ainsi disposée : le bleu au centre, le rougeensuite et le blanc à l’extérieur.

On a beaucoup cherché'à donner des raisons poli-tiques ou philosophiques de l’adoption de la cocardeà trois couleurs; pour nous, le fait matériel que le roiait posé une cocarde bleue et rouge des insurgés victo-rieux sur la cocarde blanche, qu’il portait, constitueune raison suffisante pour expliquer l’origine de la co-carde tricolore. Sur ce fait historique, relativement bienrécent, les descriptions, les suppositions d’intentionvarient à l’infini, et ce n’est même pas dans les jour-naux (l)ou écrits du temps qu’on peut trouver grand

(1) L’Ami du Roi, le Journal de Paris , la Gazette nationale ouMoniteur universel,