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Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
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sentiments d’enthousiasme royaliste à leurs convives,qui quittèrent alors les cocardes tricolores et les rem-placèrent par des cocardes blanches et par des cocardes■noires qui, les unes aussi bien que les autres, étaientles anciennes cocardes de l’armée. Le lendemain, àParis, beaucoup de gardes-françaises licenciés, dé-sireux de reprendre leur service auprès du roi, arbo-rèrent de nouveau leurs anciennes cocardes noires ;des rixes s’ensuivirent (1) et la Commune prohiba lescocardes d’une seule couleur.

A partir de ce moment, la cocarde acquit une im-portance qu’elle n’avait pas lorsque dans la mêmearmée les troupes portaient des cocardes différentes,ainsi que cela avait lieu avant 1789; elle fut l’objetd’une série d’actes, proclamations ou décrets (2).

Dans sa proclamation du 28 mai 1790, Louis XYI

dit. : « Nous avons jugé digne de notre sollici—

« tude paternelle d’interdire jusqu’aux signes qui« seraient propres à manifester des divisions et des

« partis.Instruit qu’en divers lieux du royaume

« des particuliers se seraient permis de porter des

(1) Le 4 octobre, aux Champs-Elysées , des hommes de tout ranget de tout âge arborèrent la cocarde noire et se présentèrent ainsià une revue de la garde nationale ; un volontaire sortit des rangset arracha une de ces cocardes ; au Luxembourg , au Palais-Royalon arracha cinq autres cocardes, etc. (F. Pouy, Ilist. de la cocardetricolore, p. Jri.)

(2) Voir aussi à ce sujet la Motion pour engager les Français et les Françaises à porter la cocarde nationale, Séviniant, Brest ,imprimerie de Malassis, 4789 ; Les différents effets de la cocardenationale, S. 1. 4790, in-8. La cocarde nationale, journal de corres-pondance entre] toutes les milices du royaume, seize numéros,s’arrêtant au 47 avril 4790, in-8”.