VÉTÉRANS DE LA LIGNE.
1796-
Les Romains appelaient vétéran ( xeteranus ) le soldatqui avait fait un certain nombre de campagnes, et qui,à ce titre, avait droit à certains bénéfices et privilèges.
Vingt années de service suffisaient pour avoir droit aubénéfice de la vétérance. Le vétéran était dégagé du ser-ment militaire, des devoirs et des fonctions du soldat,et il lui était alloué une paye extraordinaire.
Louis xiv fut le premier de nos rois qui donna uneretraite aux anciens soldats, dans le superbe établisse-ment connu sous le nom dû Hôtel des Invalides ; mais ilutilisa mal les derniers services actifs que pouvaientrendre encore un grand nombre de ces mêmes hommes,auxquels l’entrée du dernier asile de la valeur et du dé-voûment éprouvés était interdite, faute de blessures,d’infirmités assez grandes pour' mériter leur admission.Avant la révolution, on ne connaissait que quelquescompagnies dites dû invalides, éparpillées par bailliage,sans contrôle et presque sans police.
L’assemblée nationale crut devoir s’occuper, en 1791,du sort des vieux soldats, soit qu’ils fussent ou ne fussentpas tout-à-fait incapables du service militaire sédentaire.La partie qui pouvait encore se rallier à la discipline etaux exercices des armes, fut organisée sur un pied uni-forme , et divisée en compagnies, sous le nom de vété-rans nationaux.
En 1792, ces vétérans, au nombre de 5 ooo, furentformés en cent compagnies, dont douze étaient unique-ment composées d’officiers, sous-officiers et soldats ayantservi dans l’artillerie ; les autres reçurent des hommesde toutes armes. Nul officier, sous-officier et soldat