CAVALIER. —CUIRASSIER.
Les régimens de grosse cavalerie ont remplacé, dansles armées françaises , les compagnies d’ordonnanceou d’hommes d’armes, régulièrement instituées parCharles vu.
L’origine de ces régimens, comme celle des régimensde cavalerie légère française, ne remonte pas au-delàde i635, sous le règne de Louis xm. Peu de tempsaprès leur institution, le cardinal de Richelieu pensa àles supprimer, ainsi qu’il paraît par des lettres dusecrétaire d’état de la guerre Desnoyers, à M. de laMeilleraye, colonel de ces régimens, et au comte deSoissons , mestre-de-camp général.
Dans la première de ces lettres, à la date du 26 juil-let i636, le ministre s’exprime ainsi : « Le roi met la» cavalerie en escadrons au lieu de régimens ; son émi-» nence n’a point de satisfaction de son régiment ni du» vôtre. » Quatre jours après, le même ministre écri-vait au comte de Soissons : « Le roi vous envoie un» ordre pour distribuer la cavalerie par escadrons de» trois compagnies, chacun selon le rang de leur an-» cienneté, n’ayant pas trouvé celui des régimens bien» convenable à l’humeur française, et a, à cet effet,» révoqué tous lesdits régimens en toutes ses armées. »
Mais cette boutade du cardinal premier ministren’eut point de suite ; et, loin de supprimer les régimensde cavalerie, on en augmenta le nombre.
Sous Louis xiv , la grosse cavalerie était divisée enrégimens royaux et régimens de gentilshommes. Ilsétaient composés de deux, trois ou quatre escadrons,chaque escadron de quatre compagnies, et une compa-gnie depuis 25 maîtres ou cavaliers jusqu’à 5o, suivant