ARMÉE DE CONDÉ.
1792.—1801.
Aux premières étincelles du feu d’une révolution quiallait embraser la France et bientôt l’Europe entière,une partie des princes de la famille royale crurent de-voir sortir du royaume ; ils voyaient les droits de la mo-narchie, de la noblesse et du clergé trop fortement com-promis, pour espérer de les défendre avec succès dansl’intérieur, contre les nombreux et redoutables partisansdes idées nouvelles. Leurs premières tentatives auprèsdes puissances dont ils implorèrent les secours, afin d’ar-rêter les progrès de l’incendie, furent sans succès ; ilsemployèrent alors toutes les ressources de politique etd’argent qu’ils purent réunir, pour exciter dans diffé-rentes provinces du royaume des soulevemens contre lenouvel ordre de choses. Des mesures mal concertées,des indiscrétions, et surtout un commencement de mé-fiance, que quelques intrigans cherchaient à inspirer auroi et à la reine sur la pureté des intentions des princes,firent échouer les projets pour le succès desquels beau-coup de démarches et d’argent avaient été employés : ilsfurent découverts et les principaux agens arrêtés. Lesautres conjurés se dispersèrent; plusieurs sortirent duroyaume et joignirent les princes ; ce fut là le commen-cement de l’émigration, parti que suivit ensuite la ma-jorité de la noblesse, à l’instigation des premiers fugitifs,qui espéraient, avec l’appui dont quelques puissancessemblaient les flatter, rassembler hors de France unnoyau d’armée, qu’il devenait impossible de former dansl'intérieur (t).
(1) Campagnes des corps d’armée de Condé, etc.; par le marquisd’Ecquevilly, etc. ; Paris , 1818.
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