HISTORIQUE DE NOS ANCIENS TROPHEES
8 7
dans les autres monuments de Paris (222), ceux donnés aux rois deBavière et de Wurtemberg (une trentaine), il convient d’ajouter à cetotal un certain nombre des trophées de l'ancienne monarchie, ce qui doitfaire largement compensation.
Quoiqu’il en soit, l’encombrement était tel dans la chapelle desInvalides , qu’on avait dû construire sous les orgues une estrade spécialepour y déposer les drapeaux qui n’avaient pu trouver place sur les deuxcôtés de la nef.
Le 3 o mars 1814, le général Clarke, ministre de la Guerre, invita lemaréchal Sérurier, gouverneur des Invalides , à prendre ses dispositionspour empêcher les trophées de tomber aux mains des alliés, dont l’entréeà Paris était imminente.
Les moyens de résistance dont pouvait disposer le maréchal Sérurier ne lui permettaient pas de songer sérieusement à défendre l’entrée del’Hôtel contre toute une armée. Aussi, quand le major Cazaux vint luidire que ses vieux braves étaient disposés à se faire tuer jusqu’au der-nier, Sérurier , en serrant de sa main crispée la poignée de son épée, neput s’empêcher de le rappeler à l’inutilité d’une pareille défense.
« — Et les soldats viendront souiller cet asile du courage français !« continua Cazaux, ils enlèveront nos trophées!
« — Non, répondit Sérurier , ils n’auront pas les drapeaux que nous« leur avons enlevés !
« — Comment pourrons-nous les sauver? Connaissez-vous un lieu sûr« pour les déposer, quelqu’un à qui les confier?
« — Non... Si nous pouvions les sauver au prix de tout notre« sang!... » Puis il ajouta: « Suivez-moi, major, ils ne les auront pas« leurs drapeaux ! »
Sérurier entraîna Cazaux vers l’église du Dôme : « Qu’on réunisseces drapeaux, s’écria Sérurier , qu’on en fasse un tas et qu’on y mettele feu ! »
Cet acte de désespoir fut compris et exécuté sans retard. Aussitôtcommença, dans la cour, l’incendie le plus glorieux qui ait jamais étéallumé ; les officiers et les invalides activaient le feu, soulevaient lesétendards pour que la flamme n’en laissât pas un lambeau (1). (Nuitdu 3 o au 3 i mars 1814.)
Lorsque la destruction lut achevée, toutes les parties métalliques deshampes (lances, talons, clous) furent, avec les cendres, jetées à la Seine .
Et c’est ainsi que disparurent en un moment les drapeaux et éten-dards conquis sur toutes les armées européennes .
Quelques heures après, le 3 i mars, un aide de camp de l’Empereur de