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LES TROPHEES DE LA FRANCE
Russie se présentait à l’Hôtel demandant à voir les drapeaux ; on lui ditqu’ils étaient détruits.
Cependant 129 trophées échappèrent à cette destruction : ils furentcachés 011 ne sait comment, ni par qui, jusqu’en 1827 et lurent, à celleépoque, remis au Musée d’Artillerie. Ces trophées consistaient en86 drapeaux espagnols, 35 portugais, 5 anglais et 3 d’origine inconnue.Il est assez étonnant que ce sauvetage n’ait porté que sur des drapeauxprovenant des guerres d’Espagne, alors que la chapelle des Invalides contenait des quantités de drapeaux autrichiens, prussiens et russes .Toutes les suppositions sont permises à cet égard. Peut-être croyait-onpouvoir les sauver plus facilement parce qu’ils n’appartenaient pas auxarmées alliées qui allaient entrer dans Paris ? Peut-être se trouvaient-ilsgroupés dans une même partie de l’édilice, d’où ils furent enlevés en tas?Peut-être enfin, le hasard voulut-il qu’ils fussent les derniers à êtreportés au bûcher- et qu’ils durent à cette circonstance d’être sauvés parun inconnu qui ne craignit point de contrevenir aux ordre du maréchalSérurier ?
2 ° Corps Législatif. — Il existait en 18x4 au Corps Législatif 110 drapeaux : 8 autrichiens, provenant de la campagne de i8o5, —92 espagnols, provenant des guerres d’Espagne et 10 provenant de laconquête de Naples . Ces drapeaux ornaient la salle des séances d’où ilsfurent enlevés en 1814 au moment de la première invasion.
Personne ne s’étant présenté alors pour réclamer la livraison deces drapeaux, ils furent conservés dans un magasin et ne furent remisen place qu’à l’époque des Cent-Jours.
Par une lettre du 5 juillet i 8 x 5 , le ministre de la Guerre donna desordres pour faire transporter secrètement à Vincennes les drapeaux quise trouvaient au Corps Législatif . Cet ordre, on ne sait pourquoi, ne futpas exécuté, et, au moment où les alliés entrèrent pour la seconde foisà Paris, des officiers prussiens pénétrèrent au Corps Législatif et décou-vrirent les trophées qui s’y trouvaient exposés. Ils voulurent aussitôt s’enemparer, mais les employés s’y opposèrent énergiquement et réclamèrentdes ordres écrits pour livrer le précieux dépôt dont ils avaient la garde.
Pendant que les officiers se rendaient à la Place, pour rendrecompte de leur découverte et demander des ordres, un garçon de salledu nom de Mathieu, se mit à enlever les drapeaux et à les cacher au furet à mesure. 11 réussit de cette façon à en sauver 54 et, lorsque lesofficiers prussiens revinrent au Corps Législatif munis d’ordres écrits ilsne trouvèrent plus dans la salle des séances que 56 drapeaux espagnols etautrichiens. Les huit drapeaux autrichiens furents seuls enlevés pour êtreremis à l’Empereur d’Autriche . Une erreur fut toutefois commise dans letrouble qui accompagna ces opérations : un drapeau napolitain, dont la