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Les trophées de la France / par le commandant M. Vérillon
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HISTORIQUE DE NOS ANCIENS TROPHEES

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flamme avait sans doute disparu, ce qui rendait son identité difficile àconstater, fut remis aux alliés à la place d’un drapeau autrichien . Celarésulte d’une façon certaine de l’inventaire actuel des trophées de laChambre des Députés. Le chiffre des trophées existant en i8i5 était doncle suivant : 92 espagnols, 9 napolitains et 1 autrichien. Sur ce nombre48 drapeaux espagnols décoraient la salle des séances ; les autres étaientcachés dans les sous-sols.

3° Sénat . — Le Palais du Sénat possédait, en 1814, les 54 drapeauxautrichiens provenant de la campagne de i 8 o 5 , qu’il avait reçus deNapoléon , savoir : 4 ° drapeaux remis à la capitulation d’Ulm et14 conquis à la fin de la campagne.

M. de Sémonville , grand référendaire, les fit enlever et cacher lorsde la première invasion. Après i8i5, ces drapeaux furent remis en placeet décorèrent la salle des séances de la Chambre des Pairs jusqu’en i83i.

4° Notre-Dame. — De même que le Sénat, l’église Notre-Dame ,en 1814, possédait les drapeaux, au nombre de 5 o, que Napoléon luiavait donnés après la campagne de 1806 (29 russes et 21 autrichiens).45 d’entre eux avaient été conquis à la bataille d’Austerlitz. Trois de cesdrapeaux très endommagés ayant servi à réparer les autres, il en restait47 en 1814.

Dans la nuit du 3 o au 3 i mars, le cardinal Maury reçut du préfet dela Seine l’avis d’avoir à enlever les drapeaux qui décoraient l’églisemétropolitaine pour éviter qu’ils tombassent aux mains des alliés. Cetordre fut ponctuellement exécuté et les drapeaux si bien cachés même,qu’on ne put jamais les retrouver. De nombreuses recherches furentfaites après 1810, mais le cardinal et son vicaire général étant mortspersonne ne put donner d’indications précises sur le sort de ces drapeaux.On put se convaincre toutefois qu’ils avaient été cachés et non détruits.Peut-être les drapeaux d’Austerlitz reposent-ils encore aujourd’hui prèsdu cercueil d’un saint évêque, au fond de quelque caveau ignoré? Maisdeux faits laissent malheureusement peu d’espoir que ces trophéespuissent encore exister. Le 29 janvier 1889, un individu qui ne se fit pasconnaître remit à l’Hôtel des Invalides un drapeau autrichien qu’il ditprovenir de Notre-Dame et qu’il était parvenu à sauver. Plus tard, le3 o novembre 1840, le gendre d’un peintre nommé Gautherot, apporta auxInvalides un drapeau autrichien et un drapeau russe prêtés à son beau-père par le gouvernement qui lui avait commandé plusieurs tableauxde batailles. Ces renseignements n’éclaircissent guère la situation, maisils montrent le peu d’ordre qui régnait alors pour la conservation denos trophées. Ces deux drapeaux, ainsi que le précédent, disparurentdans l’incendie de i85i, dont nous parlerons plus loin.