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La Martinière de Lyon. L’une des expositions les plus intéressantes qui setrouve au Palais des arts libéraux, c’est bien celle de la Martinière de Lyon.Cette école qui occupe dans cette ville, l’ancien monastère des Augustins, a étéfondée par le général dont elle porte le nom. Le budget de cette école s’élève à191,000 fr. Elle a été ouverte provisoirement en 1826, puis définitivement en1833. Cette école professionnelle est destinée à l’étude des sciences et des artsappliqués à l’industrie et au commerce. Son but n’est pas de préparer des élèvesen vue de telle ou telle profession spéciale, mais de les rendre aptes à réussirdans une profession quelconque avec les avantages que donnent une intelligenceouverte, l’habitude du raisonnement scientifique une instruction relativement large,et surtout cet énorme entrainement au travail qui, m’a-t-on dit, est la caractéris-tique dominante des élèves de la Martinière.
Nous ne passerons pas en revue l’enseignement de toutes les branches, nousne parlerons que de la géométrie et du dessin. Pour le cours de géométrie, onmet sous les yeux des élèves, les modèles en relief de tous les solides décomposés,suivant le besoin du moment. Pour la géométrie descriptive, le professeur construiten relief les principales épures au moyen de plans de projections en treillis defer, de broches d’acier et de plans en tôle. De plus, on confie des réductionsdes mêmes objets aux élèves. Ceux-ci doivent les fixer sur une surface de cirecoulée dans une boîte, de sorte que chaque élève fait son épure en même temps—qu’il construit sa projection. Avec ce système, l’élève apprend à travailler viteet bien.
La dessin est particulièrement cultivé à la Martinière. Partout de ce principeque pour apprendre à l’élève à bien voir, il faut lui dire ce qu’il doit voir, leprofesseur fait précéder sa leçon de dessin d’une leçon de perspective faite autableau. Les élèves ne sont jamais astreints à copier un dessin. Dès le premierjour, rangés en cercle autour d’un modèle en relief, ils se représentent dans desconditions de perspective correspondantes à la position qu’ils occupent. Des modèlesd’une difficulté progressive sont successivement placés devant eux: carré en fil defer, parallèles, verticales et horizontales; cercle inscrit dans un carré vertical,puis horizontal, cercles parallèles, horizontaux et verticaux, cercles concentriques,cube, cylindre, tore, colonne, etc. Arrivent ensuite le dessin de projection, letracé des ombres, le lavis, le dessin de machines, le dessin d’ornement, la perspec-tive géométrique. Les parvis de cette section étaient recouvertes de dessins d’aprèscette suite méthodique.
Les écoles nationales professionnelles en France. Jusqu’en 1880, l’enseignement tech-nique supérieur et moyen étaient les seuls organisés en France. L’enseignement tech-nique préparatoire, destiné aux ouvriers, n’était cependant pas inconnu. C’est ainsiqu il existait à Paris l’école municipale du boulevard de la Villette, celle d’horlogerie,à Reims, 1 école municipale professionnelle pour la teinture, la filature et le tissage,