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du chef d’atelier. Quelquefois ou laisse aux bons ouvriers le soin de former desapprentis, mais sous leur responsabilité. Dans ce cas, l’apprenti paie à l’ouvrierune indemnité de 100 à 150 fr. pour sa peine.
Il arrive cependant parfois que les ouvriers s’opposent à ce que le patronaccepte des apprentis. Ainsi dans l’atelier de M. Turquetil, fabricant de papiers,peints, à Paris, les ouvriers lui ont signifié qu’ils se mettraient en grève s’il prenaitplus de 20 apprentis.
Souvent, les patrons ne trouvant pas dans leurs apprentis une docilité suffi-sante les abandonnent à leur propre volonté, et ceux-ci arrivent à la fin de appren-tissage sans connaître leur métier. Cependant, les parents spécifient maintenantque l’apprenti ne doit pas travailler longtemps à la même pièce, mais apprendretoute la fabrication.
Beaucoup de parents comptant sur le travail de leurs enfants pour vivre nepeuvent consentir à de longs apprentissages. Cependant, chez M. Christofle, on met5 années pour former des ouvriers d’élite. On y fait passer les apprentis par toutesles phases de la fabrication d’un objet. Ils restent un an dans l’atelier de la cise-lure, 6 mois au planage, 3 ‘/a ans à l’orfèvrerie y compris trois mois de tournageet trois mois de moulage. On fait en outre suivre des cours de dessin aux apprentis.Après ce temps, un ouvrier gagne 7 à 8 francs, tandis qu’un maçon sans appren-tissage gagne la même journée.
Dans la sculpture pour le bâtiment, la durée de l’apprentissage n’est quede 3 ans. Au bout de ce temps, l’apprenti peut devenir un ouvrier passable seperfectionnant avec le temps. Dans la tapisserie, il suffit également de 3 ans. Aubout d’un mois, l’apprenti peut faire un tabouret, au bout d’un an, une chaise. Ilarrive que des patrons intéressent leurs apprentis au moyen de gratifications. AinsiMr. Legriel, tapissier, donne de 3 à 5 fr. par semaine, pour arriver à 30 fr. Aprèsce temps, l’apprenti peut aller dans des maisons de nouveautés où il gagne jusqu’à7 fr. par jour en travaillant le courant ; mais il reste un médiocre ouvrier.
Dans Xindustrie du bâtiment, on a beaucoup moins besoin de bons ouvriersdepuis que tout se prépare dans les fabriques. Il ne faut que des ajusteurs. Quantaux métiers de confection de vêtements, l’apprentissage commence souvent à lacampagne.
Chez MM. Goffinon et Barbas, le jeune homme doit, avant d’entrer dans lamaison, subir un examen qui permet d’apprécier le degré de son instruction. Sielle n’est pas suffisante, il doit suivre des cours qu’on lui indique. Il y a dans lamaison une caisse de secours ; les apprentis sont donc examinés par le médecin àleur entrée. Pour encourager les apprentis, une certaine somme est prélevée chaqueannée sur les bénéfices et partagée entre eux. Leurs pièces d’épreuves restentacquises à la maison comme pièces industrielles des écoles professionnelles. Après