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ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
un grand nombre de citoyens, et même plusieurs mem-bres de sa propre famille. Pour échapper à la mort, sonneveu Brutus contrefit l’insensé. Puis, afin de vengerLucrèce, noble dame romaine insultée par un fils deTarquin, il souleva le peuple ; les Tarquins furent ex-pulsés et la royauté fut abolie (510).
Les rois essayèrent de reprendre la ville ; il en résultades guerres sanglantes, durant lesquelles Rome ne futsauvée que par le dévouement de ses grands citoyens,tels que Horatius Codés qui, seul, défendit un pontcontre toute l’armée ennemie, et Mucius Scévola quitenta, au péril de sa vie, d’assassiner le roi des assié-geants. Ces guerres se terminèrent par la sanglantebataille du lac Régille, où il ne fallut rien de moins quel’intervention des dieux Castor et Pollux pour donnerla victoire aux Romains.
§ 57. L’histoire vraie. — Telle est la légende. L’his-toire nous apprend que Rome s’est développée grâce àsa situation exceptionnelle. Elle était placée sur le Tibre,à l’endroit où il devient navigable, et où passe aussi laroute conduisant du Latium à l’Etrurie. En outre, Romeétait la citadelle, la place forte des Latins contre lesEtrusques. Sa position géographique et sa position mili-taire lui ont donné une grande importance.
Le peuple était souverain. Il élisait le roi, chef de l’Etat,juge suprême, commandant de l’armée. A côté du roi,l’assemblée des anciens ou sénat, devait donner son avisdans toutes les affaires importantes.
§ 58. Patriciens et plébéiens. Classes et centuries.Le peuple était divisé en deux catégories. Les patriciens,ou citoyens, jouissaient seuls du droit de cité. Les plé-béins étaient les descendants des habitants venus plustard s’établir à Rome. Ils n’avaient à l’origine aucundroit politique.
Mais tout le monde, patriciens et plébéiens, devait àl’Etat le service militaire. Pour le recrutement, le peu-