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ABRÉGÉ d’hISTOIRH GÉNÉRALE
des Alpes et, après des efforts et des privations inouïes,déboucha dans la plaine du Pô.
Son plan parut d’abord réussir : les Gaulois, que Romevenait de soumettre, se soulevèrent et se joignirent à lui.
Trois armées romaines accoururent au-devant d’Han-nibal. Elles furent vaincues successivement, la premièresur les bords du Tessin, la seconde sur les bords dela Trébie, la troisième auprès du lac Trasimène, dansl’Ombrie.
Mais, contrairement à l’espoir d’Hannibal, les popula-tions du centre de l’Italie restèrent fidèles à Rome.Dans ces conditions, attaquer la ville était impossible.Hannibal essaya de gagner à sa cause les peuples du sud,et, à cet effet, il continua sa route dans cette direction
Un dictateur habile, Fabius le Tcmporiseur, essayaalors d’une tactique nouvelle. Il harcelait le Carthaginoiset lui tuait ses soldats, mais il évitait toute bataillerangée. A la fin, cependant, ces lenteurs impatientèrentles Romains. Ils reprirent l’offensive. Mais ils essuyèrent,à Cannes, la plus sanglante défaite qu’ait subie Rome :70 000 de leurs soldats furent tués. Cependant Hannibaln’osa marcher sur Rome : « Tu sais vaincre, Hannibal,lui dit son confident, mais tu ne sais pas profiter dela victoire. »
§ 72. Revanche de Rome. Fin de la deuxième guerrepunique. — Rome, toutefois, ne se laissa pas abattre.Elle mit sur pied jusqu’à vingt et une légions et équipaune grande flotte. On enrôla tous ceux qui étaient en étatde porter les armes et même des esclaves. Cette énergieet cette grandeur d’âme sauvèrent la république.
Isolé dans le sud de l’Italie, laissé sans secours parses compatriotes, Hannibal n’en continua pas moins lalutte pendant quatorze ans, seul contre les forces réu-nies de Rome. Désespérant de se débarrasser de lui, lesRomains transportèrent la guerre en Afrique. Le généralScipion débarqua non loin de Carthage et menaça la