HISTOIRE ROMAINE 53
ville elle-même. Force fut aux Carthaginois de rappelerHamiibal. Celui-ci pleura en quittant l’Italie, théâtre detant d’exploits. La bataille décisive fut livrée à Zama ;les Carthaginois succombèrent.
Les Romains dictèrent la paix. Carthage renonçait àl’Espagne, livrait presque tous ses vaisseaux de guerre,payait un énorme tribut — 200 talents par an (un mil-lion de francs) — pendant cinquante années. Elle s’en-gageait en outre à n’entreprendre aucune guerre sansla permission de Rome (201).
La puissance militaire de Carthage était détruite ; maissa prospérité commerciale excitait encore la jalousie etl’inquiétude des Romains.
§ 73. Troisième guerre punique. — Rome poursuivitd’abord Hannibal de sa haine, l’obligea à fuir Carthage,puis le traqua de retraite en retraite jusqu’au momentoù il dut se donner la mort. « Délivrons, dit-il, les Romainsde leurs terreurs ». Mais cela ne suffisait pas et le vieuxCaton ne cessait de répéter, à chaque séance du Sénat,qu’il fallait détruire Carthage.
Sous un prétexte futile, Carthage fut attaquée. Afind’apaiser Rome, elle livra ses armes et ses vaisseaux ;mais la sentence du sénat était plus terrible encore. Laville devait être détruite et rebâtie à l’intérieur desterres. A l’ouïe de cet odieux arrêt, la patriotisme desvaincus se réveille. Les temples sont transformés enmanufactures d’armes ; chacun apporte au trésor sesrichesses ; les femmes coupent leur chevelure pour enfaire des cordages de navires. Vaincus par la faim et lesprivations, les Carthaginois se firent égorger en défendantleur ville (146).
Carthage fut rasée ; on passa la charrue sur son empla-cement.
§ 74. Conquête de l’Orient. — Rome n’avait pas attenduce moment pour achever la conquête du monde médi-terranéen. Après la seconde guerre punique, elle avait