148 ABRÉUÉ u'ulSTOIRE GÉNÉRALE
Le protestantisme avait fait dès le début, des progrèsrapides. Mais il s’affaiblit par la mort des principauxréformateurs, et surtout par les disputes entre les diver-ses doctrines. Luthériens, zwingliens, calvinistes, angli-cans ne pensaient pas de même sur certains points. Lesdivisions du protestantisme lui ont été funestes.
Le catholicisme, au contraire, se fortifiait. Des princespuissants le protégeaient ; des papes énergiques mon-taient sur le trône pontifical ; deux ordres religieux nou-veaux se créaient pour défendre la foi romaine menacée :c’étaient celui des Jésuites, fondé par Ignace de Loyola,et celui des Capucins.
L’Inquisition fut rétablie dans plusieurs Etats de l’Eu-rope. La congrégation de l’Index condamna les livressuspects. Enfin le Concile de Trente augmenta encore latoute-puissance du pape.
Ainsi raffermi, le catholicisme s’attaqua à la Réforme.11 en résulta des luttes et des guerres sanglantes, quidésolèrent les pays où les deux confessions se trouvaienten présence.
§ 206. Philippe II. Révolte des Pays-Bas. — L’adver-saire le plus acharné du protestantisme fut le roi d’Es-pagne Philippe II, fils de Charles-Quint, et héritier dela plus grande partie de ses Etats. C’était un prince éner-gique et actif, mais sombre, farouche, fanatique et cruel,un despote impitoyable, qui n’admettait aucune contra-diction et punissait rigoureusement toute résistance à savolonté absolue.
Il voulut imposer sa tyrannie aux Pays-Bas, dont ilétait le souverain. Le protestantisme y avait gagné ungrand nombre d’adhérents. En outre, les habitants de cescontrées étaient animés d’un esprit d’indépendance et deliberté que Philippe ne pouvait tolérer. Persécutées parl’Espagne, ces provinces se révoltèrent ; les insurgés, lesGueux, comme ils s’apppelaient eux-mêmes, résistèrentavec succès à la tyrannie de Philippe.