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Abrégé d'histoire générale : à l'usage de l'enseignement secondaire et primaire supérieur / Paul Maillefer
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ABRÉGÉ DHISTOIRE GÉNÉRALE

prit leur place forte, La Rochelle, après un siège remar-quable ; il leur enleva leurs privilèges politiques et mi-litaires et ne leur laissa que la liberté de conscience.Ensuite Richelieu força la noblesse à lobéissance; illobligea à se plier aux lois comme le reste de la nation.Ainsi deux jeunes nobles eurent la tête tranchée pouravoir enfreint les ordonnances interdisant le duel. Lanoblesse essaya de lutter et de renverser le puissant mi-nistre ; mais toutes les conjurations tentées à cet effetéchouèrent et furent sévèrement réprimées ; leurs auteurspayèrent le plus souvent de leur tête ces tentativestéméraires ; les plus célèbres des victimes de Richelieufurent Montmorency et Cinq-Mars. Dans la journée desdupes, la reine mère elle-même avait conspiré contre leministre ; celui-ci triompha de cette intrigue comme desautres et conserva jusquà sa mort son autorité sur le roiet sa puissance dans le royaume.

§ 220. Minorité de Louis XIV. Mazarin et la Fronde.Richelieu mourut en 1642, et Louis XIII en 1643. Lejeune roi, Louis XIV, navait que cinq ans. Sa mère,Anne dAutriche, exerça la régence. Elle prit, en qua-lité de premier ministre, un des élèves et amis de Riche-lieu, Mazarin, Italien dorigine, il est vrai, mais dévouéà la France. Mazarin poursuivit lœuvre de Richelieu, etlutta, comme lui, contre les sujets rebelles à lautoritéroyale. Moins violent que son prédécesseur, il avaitrecours à la ruse plutôt quà la force.

Mazarin dut combattre la noblesse et le Parlement.Jaloux de ses droits prétendus, ce dernier ne supportaitquavec peine lautorité du roi ; il se révolta ; le peuplede Paris se rangea de son côté, et la ville se couvrit debarricades ; la cour dut senfuir. On a nommé cette guerrecivile, la Fronde, la comparant à un jeu denfant, parcequelle ne fut pas très grave. Les révoltés avaient à leurtête Paul de Gondi, cardinal de Retz. Les troupesdu roi battirent celles du Parlement et celui-ci dut, enfin de compte, se soumettre (fronde parlementaire).