LA MONARCHIE ABSOLUE
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Mais aussitôt la noblesse se révolta (fronde aristocra-tique) et la guerre civile reprit de plus belle. Cependantla victoire resta à Mazarin, et les nobles rentrèrent,eux aussi, dans l’obéissance.
A l’extérieur, Mazarin acheva l’œuvre de Richelieu.L’Autriche fut abaissée grâce à l’intervention françaisedans la guerre de Trente ans ; à la paix de Westphalie,la France reçut l’Alsace (moins Strasbourg). Mazarinfit aussi la guerre à l’Espagne ; elle se termina par lapaix des Pyrénées qui donna à la France l’Artois et leRoussillon. Ainsi s’agrandissait et se complétait le terri-toire du royaume. Peu après, Louis XIV épousait l’in-fante d’Espagne, Marie-Thérèse.
§ 221. Louis XIV. Sa cour. •—■ A la mort de Mazarin,l’autorité royale était solidement établie. Louis XIV putrégner en despote et se dire souverain de droit divin.Il se considérait comme le représentant de Dieu sur laterre, et durant toute sa vie il gouverna selon son bonplaisir, d’après la formule la plus complète du despo-tisme : « l’Etat, c’est moi. »
Louis XIV se montra à la hauteur de sa tâche. Ilvoulut être lui-même son premier ministre. Pendantcinquante-quatre ans, il se consacra tout entier à sontravail. Il avait la noblesse et la majesté qui conviennentà un roi, mais aussi une ambition démesurée et un orgueilsans bornes.
Un des mérites de Louis XIV est d’avoir su choisirses collaborateurs. Colbert favorisa l’agriculture etl’industrie ; il mit de l’ordre dans les finances. Louvoisorganisa l’armée. Vauban construisit des forteresses.Lionne dirigea la politique extérieure.
Louis XIV désigna Versailles comme sa résidence. Ils’entoura d’une cour nombreuse et somptueuse (maisonmilitaire et maison civile), d’une véritable armée dedignitaires et de fonctionnaires, qui le servaient et l’ac-compagnaient. Chacun des actes de sa vie était une céré-