LA MONARCHIE ABSOLUE
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le terrible hiver russe décima son armée : il fut lui-mêmevaincu à Poltava. Il se réfugia chez les Turcs et réussità les entraîner dans une guerre avec la Russie. Il faillitmême anéantir les Moscovites sur les bords du Prouth,mais le Grand Vizir les laissa échapper. Charles passaalors quelques années chez les Turcs, à Bender. Chassé decette retraite, le roi de Suède rentra en toute hâte danssa patrie. Il périt au siège d’une ville de Norvège. LesSuédois conclurent la paix de Nystadt : la Suède perdaitles provinces baltiques (données à la Russie) et la plupartdes provinces acquises par la paix de Westphalie (1721).
CHAPITRE XXXIII
Epoque de Frédéric le Grand.
§ 235. Quadruple alliance. Succession de Pologne. —L’histoire du XVIII e siècle est remplie de guerres con-tinuelles, qui mirent aux prises la plupart des grandsEtats européens.
L’Espagne, mécontente du traité d’Utrecht, chercha,la première, à en modifier les résultats. Elle entra brus-quement en campagne et s’en prit tout d’abord à laFrance. Le Régent, Philippe d’Orléans, gouvernait cepays pendant la minorité de Louis XV. Il fallut la qua-druple allianee (Angleterre, France, Empereur, Hol-lande) pour arrêter les intrigues espagnoles. Dans lapaix qui suivit, le duc de Savoie reçut définitivement letitre de roi de Sardaigne.
Une autre guerre générale fut celle de la Succession dePologne. Deux partis déchiraient ce pays. L’un élutau trône un prince de Saxe, l’autre choisit StanislasLesczinski, beau-père du roi de France, Louis XV. LaFrance, l’Espagne, la Sardaigne soutinrent Stanislascontre la Saxe, l’Autriche et la Russie. La paix de Vienne(1738) mit fin aux hostilités. Stanislas reçut la Lorraine ;à sa mort, ce duché devait être réuni à la France.