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ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
§ 236. Electeurs de Brandebourg et rois de Prusse. —Un événement important du XVIII e siècle fut la fonda-tion de la puissance prussienne. Elle a été l’œuvre desélecteurs de Brandebourg, de la Maison de Hohen-
ZOLLERN.
Ces princes manifestèrent déjà leur ambition au XVI esiècle, puis durant la guerre de Trente ans, enfin durantles dernières guerres de Louis XIV.
Trois membres de cette dynastie ont surtout contri-bué à la prospérité de leur pays, Frédéric I er , Frédéric-Guillaume I er et Frédéric II.
Frédéric I er prit, en 1701, le titre de roi de Prusse, quilui fut reconnu au traité d’Utrecht. Frédéric-Guil-laume I er , surnommé le roi sergent, se montra économejusqu’à l’avarice. Il perçut de lourds impôts sur la no-blesse et le peuple. De cette façon, il amassa assez rapi-dement un trésor important. D’autre part, il consacratous ses efforts au développement de son armée. Pourelle, il consentait à tous les sacrifices. Il arriva ainsi àposséder une armée considérable pour l’époque, bien dis-ciplinée et bien exercée.
§ 237. Guerre de Succession d’Autriche. — Frédéric IIcompléta l’œuvre de son père et fit de la Prusse une puis-sance de premier ordre. Deux guerres célèbres démon-trèrent la force prussienne : la guerre de successiond’Autriche et la guerre de Sept Ans.
Marie-Thérèse d’Autriche, fille de -l’empereur Char-les VI et épouse de François de Lorraine, était la der-nière héritière de la maison de Habsbourg. Charles VI,dans le but de lui conserver intacts ses Etats, avait concluavec les puissances européennes un traité appelé lapragmatique sanction. Mais à peine l’empereur était-ilmort, que tous les voisins de l’Autriche attaquèrentsa fille. Frédéric II commença par s’emparer de la Si-lésie. La France et la Bavière entrèrent aussi en campa-gne. Seule l’Angleterre, qui ne voulait pas laisser anéan-tir une puissance européenne au profit de la France, vint