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ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
§ 238. Guerre de Sept ans. — Marie-Thérèse rêvait unerevanche, mais elle ne pouvait, à elle seule, venir à boutde la Prusse. Elle se ligua alors avec la France et laRussie. Le royaume de Frédéric II devait être démembré,et les coalisés espéraient s’en partager les dépouilles.Attaquée de toutes parts, la Prusse n’eut d’autre alliéeque l’Angleterre. Celle-ci se trouvait de nouveau dansle camp hostile à la France. Alors commença une nouvelleet terrible guerre, la guerre de Sept Ans. Frédéric IIdéploya dans la lutte les ressources d’un génie supé-rieur. Souvent vainqueur, il éprouva aussi des désastres.A plus d’une reprise, ses Etats furent envahis, sa capi-tale fut livrée à ses ennemis. Mais son héroïsme et sapersévérance sauvèrent la Prusse. La paix fut conclueà Paris et à Hubertsbourg (1763). Frédéric II gardait laSilésie. En résistant seul à toute une coalition, il avaitprouvé combien la Prusse était déjà forte.
Frédéric II consacra la fin de son règne à réparer lesmaux de la guerre. Il appela dans son royaume des colonsétrangers. Il assainit des marais, défricha des landesincultes. Il favorisa l’industrie et le commerce, les beaux-arts et les lettres.
Sous son règne, la Prusse s’agrandit de la Frise, de laSilésie et d’une partie de la Pologne. Frédéric avait reçu2 250 000 sujets. Il en laissa 6 100 000.
Le règne de Frédéric est ainsi une des périodes les plusremarquables de l’histoire de Prusse. Ce roi a mérité lesurnom de grand, que lui a décerné la postérité. CependantFrédéric fut un despote et un autocrate dans toute l’ac-ception du terme. Il voulait le bien de ses sujets, mais àsa manière et non à la leur. Il fut un des représentants lesplus illustres du despotisme éclairé, dont la devise était :tout pour le peuple, rien par le peuple.
§ 239. L’Autriche à l’époque de Joseph II. — Un autrereprésentant du despotisme éclairé fut l’empereur Jo-seph II d’Autriche, fils de Marie-Thérèse. Il était animé