LA MONARCHIE ABSOLUE
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des meilleures intentions. Il proclama la tolérance ; ilsupprima plusieurs couvents ; il abolit la torture et leservage ; il décréta l’égalité des citoyens devant la loi.Mais, dans sa hâte de réformer, Joseph II blessa les sen-timents, les habitudes de ses sujets. Il aurait voulu créerun Etat fortement centralisé, tandis que sa monarchie secomposait, au contraire, de peuples très divers, impossi-bles à réunir sous la même loi. Il se heurta à des résis-tances ; des révoltes éclatèrent. Joseph II mourut décou-ragé, sans avoir réalisé son idéal. Ses successeurs aboli-rent la plupart de ses réformes.
§ 240. La régence en France. —• Le XVIII e siècle futpour la France une époque de déclin.
Louis XV, arrière-petit-fils de Louis XIV, n’avait quecinq ans lorsqu’il succéda à son bisaïeul. La régence futconfiée à Philippe d’ORLÉANS. C’était un homme intelli-gent, mais sans volonté. La négligence et le laisser-allers’introduisirent dans l’administration. L’irréligion etl’immoralité devinrent à la mode. Le Régent en donnaitl’exemple.
Les guerres de Louis XIV et ses prodigalités avaientépuisé le trésor. Un Ecossais, Law, offrit au gouverne-ment son système, qui consistait à payer en billets lescréanciers de l’Etat. On fonda une banque et une com-pagnie qui devait exploiter l’or de la Louisiane et enri-chir ses actionnaires. Le peuple de Paris s’enthousiasmapour le système. Puis vint la désillusion. La sociétéfinancière sombra dans une banqueroute désastreuse.
La politique extérieure, dirigée par I’abbé Dubois, nefut pas beaucoup plus brillante que l’administrationintérieure. La France, cependant, prit part à la qua-druple alliance contre l’Espagne et en retira quelquesavantages.
§ 241. Le duc de Bourbon. Fleury. —■ A treize ans,Louis XV fut déclaré majeur. Il nomma le duc de Bour-