LA MONARCHIE ABSOLUE
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voulait la paix envers et contre tout, môme au prix desplus grands sacrifices. Cependant la France se tira assezavantageusement de cette aventure. La paix de Viennelui assurait la possession de la Lorraine au décès de Sta-nislas.
§ 242. Abaissement de la France. — Dès lors, la puis-sance de la France déclina. Louis XV, paresseux et débau-ché, abandonna le pouvoir à scs favorites et à ses courti-sans. La France s’engagea dans une lutte inégale avecl’Angleterre. Cette nation était devenue la premièrepuissance maritime du monde. Or la France, depuis lemilieu du XVII e siècle, avait aussi développé sa marineet étendu son empire colonial. Elle possédait le Canada,la Louisiane ou bassin du Mississipi, plusieurs Antilles ;d’habiles généraux étaient en train de lui conquérir Y Inde.I-a Grande-Bretagne voulut à tout prix abattre cettepuissance, et elle ontra constamment dans les coali-tions opposées à la Franco. Dans la guerre de successiond’Autriche, l’Angleterre soutint Marie-Thérèse, attaquéepar Louis XV. Au contraire, dans la guerre de Sept Ans,Frédéric II reçut des troupes et des subsides britanniques,tandis que la France était au nombre de ses ennemis lesplus acharnés. Dans la guerre maritime entre Français etAnglais, les flottes de Louis XV furent vaincues. A lapaix do Paris (1763) la France perdait, au profit del’Angleterre, la plus grande partie do son empire colo-nial, l’Inde, le Canada, une partie du bassin du Mis-sissipi.
A l’intérieur, les affaires du royaume allaient de malen pis. Les favorites du roi (M me de Pompadour, M me duBarry) gouvernaient, décidaient des alliances, de la paixet de la guerre, désignaient et renversaient les générauxet les ministres. Un homme intègre, Choiseul, essayado faire mieux. Il acheta la Corse aux Génois. Il réunitla Lorraine à la Franco. Mais il fut renversé par une intri-gue de cour.
Lorsque Louis XV’ mourut, il laissait la France démo-