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ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
ralisée et épuisée à l’intérieur, déconsidérée à l’extérieur.H n’avait su ni abaisser l’Autriche, ni empêcher la gran-deur de la Prusse, ni défendre l’empire colonial attaquépar l’Angleterre.
CHAPITRE XXXIV
Réveil intellectuel.
§ 243. En France. — Par un contraste frappant, leXVIII® siècle marque, pour la France, une ère de remar-quable prospérité intellectuelle.
La littérature de ce pays jeta un vif éclat. Ce qui dis-tingue les auteurs de cette période, c’est qu’ils écrivaientnon pas seulement pour plaire et charmer, mais surtoutpour convaincre. Les littérateurs français du XVIII esiècle, que l’on a surnommés les philosophes, cherchaient àrépandre, non seulement chez eux, mais dans l’Europeentière, les idées qui leur étaient chères. Ils furent desapôtres. Ils s’attaquèrent aux superstitions religieuses,à l’intolérance, aux abus du despotisme, à certainescoutumes encore barbares comme le servage, la torture.Voltaire, Montesquieu, Rousseau, sont les plusillustres représentants de ces tendances. Diderot etd’Alembert publièrent l’Encyclopédie ou Dictionnaireraisonné des Sciences, arts et métiers. A cette œuvrecolossale, véritable monument de la pensée humaine,collaborèrent la plupart des grands écrivains françaisde ce temps-là.
Les idées des philosophes se répandirent dans les paysvoisins. Frédéric II de Prusse entretint longtemps à sacour des savants et des écrivains français, entre autres,Voltaire. Catherine II de Russie était en correspondancerégulière avec les principaux auteurs de l’Encyclopédie.Elle les combla de ses largesses, et ceux-ci célébrèrenten elle la Sémiramis du Nord.