LA MONARCHIE ABSOLUE
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éclataient entre les divers partis. Les princes élus étaientd’origines différentes : français, suédois, saxons. Ils s’in-quiétaient peu du bien de la Pologne, et ne possédaient,du reste, qu’une ombre d’autorité. La Diète, composéedes principaux nobles, était toute-puissante. Mais sesmembres jouissaient d’un singulier privilège. En vertudu liberum veto, l’opposition d’un seul annulait la décisionde tous. La Pologne, profondément agitée et déchirée,offrait une proie facile à l’ambition de ses voisins.
Catherine II entretint soigneusement les troubles civils.Elle réussit à faire élire une de ses créatures, StanislasPoniatowski, et elle intervint alors directement dansles affaires intérieures du pays. Lorsque les Polonais,irrités, voulurent lui résister, elle s’entendit avec Frédéricle Grand et Marie-Thérèse. La Russie, la Prusse et l’Au-triche procédèrent à un premier partage de la Pologne(1772).
Les Polonais comprirent trop tard leurs erreurs. Ilscherchèrent à réformer leur constitution. Mais la Russieet la Prusse suscitèrent de nouveaux troubles et décla-rèrent la guerre. Le dernier défenseur de l’indépendancepolonaise, Kosciusko, fut vaincu. Les vainqueurs procé-dèrent à un second, puis à un troisième partage de laPologne (1795). Ce pays, en tant qu’Etat indépendant,disparut de la carte de l’Europe.
§ 247. Décadence de la Turquie. — La Russie s’entenditaussi avec l’Autriche pour démembrer la Turquie. Cettenation était tombée en décadence depuis le milieu duXVIII e siècle. Ses voisins en profitèrent pour l’attaquer.A la suite d’une première guerre, la Russie atteignitenfin la mer Noire. Dans une seconde guerre, les Autri-chiens prirent Belgrade, tandis que le général russe Sou-warow mettait le nord de la Turquie à feu et à sang. Parle traité de Jassy, la Porte reculait encore. La Russieobtenait une partie importante du littoral de la merNoire. Elle y fondait le port d’Odessa.
ABRÉGÉ MAILLEFER
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