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ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
L’absolutisme avait atteint son plus haut degré avecLouis XIV. En France, la seule volonté du prince faisaitloi ; le monarque concentrait entre ses mains tous lespouvoirs ; il nommait à toutes les fonctions et distribuaittoutes les charges ; il pouvait révoquer ses agents,suivant son bon plaisir. Les Etats généraux n’avaientpas été réunis depuis 1614. Seuls quelques Etats pro-vinciaux subsistaient encore, mais sans grande autorité.Les fonctionnaires gouvernaient au nom du roi, arbitraire-ment et sans contrôle.
Le roi disposait, sans contrôle également, des ressourcesfinancières de la France ; il décrétait toutes les redevancesà payer par les contribuables. Ces impôts, qui atteignaientsurtout les moins fortunés, étaient perçus d’une façoninhabile et vexatoire ; ils pesaient lourdement sur lepeuple et particulièrement sur les paysans. Les aides(impôt sur la boisson) et la gabelle (impôt sur le sel) étaientonéreux et, de tous les impôts, les plus détestés.
L’armée était composée de volontaires, enrôlés souventpar force ou par surprise.
La justice était vénale et barbare ; la torture et lessupplices cruels étaient encore en usage.
La liberté individuelle n’existait pas. Un ordre dugouvernement, une lettre de cachet, comme on disait alors,suffisait pour faire enfermer un citoyen. Le roi, les minis-tres, leurs commis disposaient ainsi à leur gré de la per-sonne de tous les Français. On ne connaissait pas la li-berté de conscience, ni la liberté de la presse : la censureexaminait tous les écrits, et rien ne s’imprimait sans sonconsentement. — On ne connaissait pas la liberté decommerce ; l’exercice des industries appartenait à descorporations privilégiées.
Les Français ne possédaient donc pas la liberté. Ilsn’avaient pas davantage l’égalité. L’ancienne sociétéétait fondée sur les privilèges. La nation était divisée entrois ordres : le clergé, la noblesse, le tiers-état.
Le clergé jouissait d’immenses domaines et ne payait