LA RÉVOLUTION
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pas d’impôts ; il surveillait l’école et tenait les registresde l’état civil. La noblesse possédait les droits féodaux ;on lui réservait en outre les emplois à la cour et les gradesd’officier à l’armée ; elle était aussi dispensée des pluslourdes redevances. Le tiers-état supportait presque tou-tes les charges ; il était méprisé par les deux autres ordres.Encore y avait-il, dans son sein, des différences et desinégalités.
A mesure que, sous l’influence des philosophes, lesesprits se réveillaient, les abus du despotisme et les incon-vénients de l’arbitraire paraissaient plus choquants. Etles hommes éclairés réclamaient des réformes. La résis-tance opposée par le roi et les privilégiés à ces demandeslégitimes amena la Révolution.
§ 252. Débuts de Louis XVI. — Louis XVI, petit-fils deLouis XV, n’avait que vingt ans quand il monta surle trône. « Je règne trop jeune, dit-il lors de son couron-nement. » Il était animé des meilleures intentions, mais ilétait faible de caractère ; il se laissa diriger par les cour-tisans et surtout parla reine Marie-Antoinette, princesseautrichienne, hautaine et vaniteuse, qui lui donna lesplus funestes conseils. Il n’eut ni l’énergie de résisteraux révolutionnaires, ni la sagesse de marcher avecl’esprit nouveau. Il passa son temps à prendre des déci-sions contradictoires « à dire non, le soir, quand il avaitdit oui, le matin. »
Louis XVI donna d’abord sa confiance à des minis-tres intelligents et dévoués. Mais il ne sut pas soutenirleurs projets de réformes. Le trésor était vide et la ban-queroute imminente. Le roi fut obligé d’appeler à sonsecours un des plus habiles financiers de l’époque, leGenevois Necker. Celui-ci conseilla et obtint la convo-cation des États généraux. Il fit décider, chose importante,que le tiers-état (bourgeoisie et peuple), qui comprenaitles dix-neuf vingtièmes de la nation, aurait une repré-sentation double, c’est-à-dire autant de députés à lui