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LA PREMIÈRE LEÇON D'HISTOIRE.
11 en est de même des peuples qui sont le plus souventheureux ou malheureux par leur faute.
Un auteur ancien appelait l’histoire : « le guide, la lumièrede la vie. »
3. L'histoire est une leçon de morale et de patrio-tisme. — Mais, monsieur, je veux être agriculteur ouartisan. A quoi me servira l’histoire?
Je sais bien que ni vous ni vos camarades ne songez àdevenir de grands généraux, de grands ministres*, de grandsorateurs*. Cependant l’histoire vous sera très utile.
D’abord ne serez-vous pas touchés d’apprendre combien aété dure, au temps jadis, la condition de ceux qui culti-vaient la terre ou exerçaient un métier ?
De plus, pour être cultivateur ou artisan, on n’en a pasmoins des devoirs à remplir envers soi-même, ses sembla-bles, sa patrie. Or l’histoire présente de grands exemplesde vertu, de dévouement, de sacrifice. Elle est souvent uneleçon de morale et de patriotisme.
4 Peuples qui ont une histoire. — Quelle différencefaites-vous entre les hommes et les animaux?— Les hommesont la raison et vivent en société.
— Mais les sauvages vivent ensemble ? — Oui, mais ilsvivent presque à la façon des animaux.
— C’est cela. Ils n’ont pas de villes, de monuments, delois et ne cherchent pas à améliorer leur sort. Nous n’avonsdonc rien à apprendre d’eux : ils restent toujours les mômes.Los sauvages n’ont pas d'histoire.
Seuls les peuples en ont une qui ont formé des sociétésrégulières, comme les Grecs, les Romains, dont on vous par-lera plus tard, et les peuples qui habitent aujourd’hui l’Europe._
5. Le calcul de» temp»; le mot siècle. — Mais, mon-sieur, comment peut-on se reconnaître au milieu de tous lespeuples et dans ces temps éloignés?
— C’est là, mes amis, une science à part, la science destemps, la chronologie*.
Vous savez combien on compte de jours dans une année.
— Oui, 565. — Comment marquez-vous votre âge, par joursou par années ? — Par années. — Les uns ont sept ans, lesautres huit ans ou plus. — Monsieur, le père Mathurin en acent, dit-on ; il est bien vieux.