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pus : ils n'avaient plus les mœurs antiques ; des famillespuissantes s’étaient élevées, tandis que d’autres avaientété dépouillées de leurs biens ; aussi les pauvres s’éle-vaient contre les riches. De plus, comme Sparte avaittoujours deux rois de deux familles différentes, ceux-civivaient souvent en mésintelligence. Ces diverses cir-constances firent éclater des troubles fréquents.
41. Lycurgue. — Lycurgue était frère d’un roi deSparte, qui était mort laissant sa veuve enceinte. Celle-ci lui offrit de faire périr son enfant dès sa naissance,à condition qu’il l’épouserait. Lycurgue eut horreurde cette proposition ; il feignit pourtant d’y consentir,afin de sauver l’enfant. Dès que celui-ci fut né, Lycur-gue le lit proclamer roi et il fut le tuteur de son neveu.Mais sa belle-sœur voulant se venger d’avoir été trom-pée, répandit le bruit qu’il avait le dessein d’attenterà la vie du jeune roi. Alors Lycurgue quitta Sparte,afin de se mettre à l'abri de tout soupçon.
Lycurgue voulait être le réformateur de sa patrie, enfaisant surtout revivre les mœurs antiques. Dans ce butil entreprit de grands voyages pour étudier les lois et lescoutumes des peuples étrangers. Il séjourna longtempsdans l’ile de Crète, habitée par des Doriens, qui avaientfidèlement conservé les mœurs et les institutions deleurs ancêtres. Il étudia en particulier dans cette île leslois de Minos, l’un des plus célèbres législateurs de l’an-tiquité. Il parcourut aussi l’Egypte et l’Asie Mineure.
Après plus d’une dizaine d’années d'absence, il ren-tra dans sa .patrie qu’il trouva plongée dans l'anarchie.Les Spartiates, las de leurs dissensions, le chargèrentde rétablir l’ordre.
Lycurgue donna alors à Sparte la législation quiporta son nom. Après avoir vu ses lois adoptées parses concitoyens, il lit jurer à ceux-ci de n’y rien chan-