GUERRE DU l'ÉLOPONÈSK
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il était trop tard, Les alliés saisirent cette occasion pour se révolter,et l’Eubée, le grenier de la ville, passa aux I’éloponésiens. Les Spar-tiates, fortifiés à Décélie, dévastaient l’Attique ; et Athènes, privée devivres, était ainsi continuellement menacée d'être enlevée par sur-prise. Enfin Sparte s’était alliée avec le grand roi et lui avait aban-donné les Grecs d’Asie. C’était trahir la Grèce et annuler letraité' de Cirnon, ce dernier et glorieux résultat des guerres médi-ques. Mais Tissapherne, gouverneur d’Asie Mineure, promettait auxSpartiates une hotte pour détruire la marine toujours redoutabled’Athènes.
63. Rappel et nouvel exil d’Alcibiade. — Alcibiadeauprès de Tissapherne, —Alcibiade avait suggéré auxLacédémoniens les décisions les plus funestes à sapatrie. Cet homme, qui était un vrai type athénien pourla légèreté du caractère, s’était fait Spartiate à Sparte,et il avait adopté avec une incroyable facilité les moeursaustères de la cité de Lycurgue: le brouet noir sem-blait avoir toujours été son unique nourriture. Cepen-dant à la fin, lassé de cette contrainte, il retourna àses goûts débauchés et dut quitter une ville qui, dureste, n’avait que du mépris pour un traître. Il s’enfuitauprès de Tissapherne et il le décida à ne plus soutenirles Spartiates, mais à tenir la balance égale entre euxet les Athéniens, afin de laisser les deux peuples seruiner par leur antagonisme.
Troubles à Athènes. — Pendant ce temps, une révolte éclatait àAthènes. Le parti aristocratique, qui était aussi le parti de la paix,accusait les démagogues de tous les désastres de la guerre. Il pro-fita des derniers revers pour renverser la constitution démocratiqueet établir un gouvernement oligarchique. Mais celui-ci dura peu : ilfut renversé à son tour, soit à cause de sa tyrannie, soit surtoutparce qu’il voulait traiter avec l’ennemi à tout prix, même aux condi-tions les plus honteuses.
Rappel d’Alcibiade. — L’armée athénienne, quiétait alors à Samos, rappela Alcibiade. Aussitôt elleremporta plusieurs éclatantes victoires. Le peuple