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HISTOIRE ROMAINE
de sa famille ; son neveu, Jimius, n’échappa au sup-plice qu’en contrefaisant l’insensé. .Tunius fut, à causede sa feinte folie, surnommé Brutus (le stupide).
La prise de Gabies — Tarquin espérait faire oubliersa tyrannie par l’éclat de son règne. Il remporta degrandes victoires sur les peuples voisins et emmena àRome un riche butin. Une fois cependant il ne put s’em- ±parer par la force de la petite ville latine de Gabies etdut recourir à la ruse. Un de ses fils feignit de se brouil-ler avec lui et se réfugia à Gabies. Le jeune princegagna bientôt la confiance des habitants qui le prirentpour chef. Il envoya alors secrètement à son père unmessager pour demander ce qu'il fallait faire. Le roi,qui se trouvait dans son jardin, ne répondit rien à l’en-voyé ; il continua de se promener et se contenta d’abat-tre silencieusement avec une baguette les têtes depavots les plus élevées. Le fils de Tarquin compritaisément le sens de l’acte de son père et il fit périr lesprincipaux citoyens de Gabies : la ville ainsi affaibliene tarda pas à tomber au pouvoir des Romains.
Les livres sibyllins. — A l’aide des richesses enle-vées aux ennemis, Tarquin le Superbe érigea de beauxmonuments. Il acheva le Capitole, commencé par Tar-quin l’Ancien C'est pendant cette construction du Ca-pitole qu’eut lieu un des faits les plus populaires de latradition romaine. Un jour une vieille femme inconnuese présenta devant Tarquin et offrit de lui vendre neuflivres de prophéties. Le roi ne vou'ant pas lui donner fle prix qu’elle demandait, elle brûla trois de ces livreset revint offrir les six autres pour la même somme.Tarquin les ayant de nouveau refusés, elle en brûlaencore trois et exigea toujours le même prix pour lestrois derniers. Le roi surpris de cette étrange insis-tance, finit par les acheter. La vieille disparut aussitôtet on ne la revit plus. On appela ces volumes les livres