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HISTOIRE ROMAINE
Fabius, relevant un pan de sa toge : « Je porte dans cepli, dit-il, la paix ou la guerre, choisissez ! - Choisissezvous-même, s’écrie-t-on de toutes parts. — Eh bien,la guerre! » reprit Fabius en laissant retomber saloge.
Passage des Alpes. — C’était en effet la guerre, etl'une des plus mémorables dans les annales de l’huma-nité ! Des deux côtés l’on s'y prépara avec une égale ar-deur. Annibal avait une armée de 60,000 hommes etune quarantaine d’éléphants. Il franchit l’Ebre, puis lesPyrénées, traversa la Gaule, passa le Rhône, malgrél’opposition des Gaulois et arriva au pied des Alpes. Ils’engagea dans leurs sauvages vallées, rencontrant par-tout l’hostilité des montagnards et sans cesse arrêté parles défilés et les abîmes. Cependant, après de grandesdifficultés, il atteignit le sommet d’un col (le Petit-St-Bernard ou le Cenis ou peut-être aussi le Genèvre). Lestroupes harassées de fatigue prirent deux jours de re-pos. La descente offrit plus d’obstacles encore que lamontée. Des masses de neige rendaient parfois le pas-sage impraticable ; hommes et chevaux glissaient ettombaient dans les précipices. Une fois les rochers etles neiges obstruèrent le passage à tel point qu’il falluts’arrêter trois jours et employer tous les moyens pourse frayer une route. La tradition assurait qu’Annibal seservit de vinaigre bouillant pour fondre les rochers ! !Les Carthaginois commençaient à se décourager ; enfinils atteignirent les dernières pentes et Annibal put mon-trer aux siens avec bonheur les plaines de l’Italie etleur indiquer du doigt le chemin de Rome.
Ainsi fut accomplie l’une des marches militaires lesplus fameuses de l’antiquité. Cependant Annibal avaitperdu près de la moitié de ses troupes.