Band 
Histoire Ancienne.
Seite
169
JPEG-Download
 

SECONDE GUERRE PUNIQUE '10î>

96. Seconde guerre punique (218-201). Invasiondes Carthaginois en Italie (218). — Annibal. —Anoibal fut l’un des plus grands génies militairesde l’antiquité. Il unissait aux qualités qui font le sol-dat les talents qui distinguent le général. Son corpsendurci à la fatigue supportait également le froid, lechaud, les veilles et toutes les privations. A une intré-pidité et une audace incroyables il unissait la plus rareprudence et une habileté consommée. Bien que sonarmée fût composée de mercenaires des nations lesplus diverses, il avait l’art de la manier à son gré et ilétait l’idole de ses soldats. En un mot il était pourtous, même pour ses ennemis, un objet d’admiration.Les Romains, il est vrai, l’ont accusé de perfidie et decruauté; mais ces imputations doivent sans doute êtremises sur le compte de la haine que leur inspirait lenom carthaginois.

Prise de Sagonte. — Annibal avait 25 ans quand il pritle commandement des troupes carthaginoises. Encoreenfant il avait juré sur les autels, à son père Amilcar,une haine implacable contre les Romains. Il y avait àCarthage un fort parti qui voulait à tout prix la paix. An-nibal, afin d’engager irrévocablement la guerre, assié-gea Sagonte, l’alliée de Rome. Vainement des ambassa-deurs romains vinrent auprès de lui réclamer contrecette infraction au dernier traité. Il les renvoya au sénatde Carthage et pressa le siège si vivement que Sagontesuccomba après huit mois d’une défense désespérée :les habitants entassèrent leurs richesses sur un bûcher,y mirent le feu et beaucoup se précipitèrent dans les flam-mes ; la ville fut détruite. A cette nouvelle, les ambassa-deurs romains à Carthage demandent une solennelle ré-paration ; ils veulent qu’on leur livre Annibal, le viola-teur de la paix. Le sénat hésite. Alors un des députés,