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Histoire Ancienne.
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HISTOIRE ROMAINE

pée s’attribua tout le mérite d’un triomphe qu’il devaitavant tout à la trahison (72).

Insurrection des gladiateurs. — Pompée fut plusheureux encore à son retour d’Espagne. Une nouvelleguerre servile avait éclaté (p. 183). Une soixantaine degladiateurs (esclaves que l’on faisait combattre entreeux pour l’amusement du peuple) s’étaient échappésde Capoue : ils appelèrent leurs compagnons à laliberté. En peu de temps ils furent plus de 70,000. Ilsavaient à leur tête un esclave thrace, l’audacieuxSpartacus. Leur intention était d’abord de sortir del'Italie et de regagner leur patrie. Mais ayant vaincudeux armées consulaires, ils crurent qu’ils pourraientrenverser la puissance romaine. Le sénat, qui d’abordn’avait pas pris cette guerre au sérieux, finit par s’ef-frayer. Il donna des forces considérables à Crassus,qui parvint à les refouler et à les enfermer dansl’extrémité méridionale de l’Italie, où il les défit com-plètement. Quelques bandes échappées à ce carnagevoulurent gagner les Alpes. Mais elles rencontrèrentPompée qui revenait d’Espagne et qui les anéantit.Le vaniteux général écrivit alors au sénat : « Crassusa vaincu Spartacus; mais moi j’ai arraché les racinesde cette guerre; elle ne renaîtra plus. » Pompée reçuten effet les honneurs d’un triomphe complet, tandisque Crassus n’obtint qu’une « ovation, » c’est-à-direun triomphe de second ordre. Tous deux, il est vrai,furent nommés consuls en récompense de leursexploits.

Popularité de Pompée. — Le peuple avait vivementapplaudi aux succès militaires du jeune chef de la no-blesse. Pompée, reconnaissant de la faveur populaire,fit rendre aux tribuns les droits dont ils avaient étédépouillés par Sylla. L’enthousiasme de la multituderedoubla pour celui qu’elle appelait un « héros invin-