LE GRAND POMPÉE
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cible; » et un décret du peuple le chargea de termineren Asie deux grandes guerres, où il allait de nouveaurecueillir le fruit des victoires des autres.
Guerre des pirates. — Depuis plusieurs années, despirates de Cilicie pillaient les côtes de l’Asie Mineure.Leur nombre s’accrut considérablement et leurs bri-gandages s’étendirent sur tous les bords de la Médi-terranée. Ils saccagèrent des villes d’Italie et Ostiemême, le port de Rome. Ils enlevèrent des person-nages de distinction et ne les rendirent qu’en échangede fortes rançons. Plusieurs expéditions furent diri-gées contre eux ; mais vainement on remportait sureux des victoires, ils se réfugiaient dans leurs repai-res et reparaissaient bientôt aussi redoutables qu’au-paravant. Pompée fut alors investi parle peuple d’unevéritable dictatuie sur terre et sur mer et mis à latêle de forces considérables. En moins de trois mois,la Méditerranée fut purgée de ces brigands.
Seconde guerre contre Mithridate. — Vers la mêmeépoque Mithridate avait recommencé la guerre contreles Romains. Battu par le proconsul Lucullus, quienvahit son royaume de Pont, il s’enfuit auprès deson gendre Tigrane, roi d’Arménie. Il fut poursuivipar le proconsul qui, avec une armée de quelquesmilliers d’hommes, défit complètement les 200,000hommes de Tigrane. Lucullus avait pris en tel méprisces rois asiatiques, qu’il se disposait à attaquer lesParthes. Mais ses soldats, enrichis par les récentesvictoires, ne voulurent plus courir de nouveaux ha-sards et refusèrent de le suivre. Sur ces entrefaitesPompée terminait la guerre des pirates. Il voulut avoirla gloire de terminer aussi celle de Mithridate, et sefit donner le commandement de Lucullus. Celui-ci lelui remit en disant « qu’il était comme un lâche oiseaude proie, qui suit le chasseur à l’odeur du carnage et