Band 
Histoire Moderne.
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s- 11. bis. La Renaissance italienne. — Préludes de la Re-naissance en Ilalie au XIII e et au XIV' siècle. — L’Italie au moyenâge était demeurée le centre de la civilisation européenne. Héritièrela plus directe de l'empire romain, elle avait conservé plus qu'au-cune autre contrée des traces de la culture romaine. Klle demeuratoujours en relation avec l’empire byzantin, par l’intermédiaire sur-tout des Vénitiens. Sans doute les influences féodales avaient obs-curci les traditions antiques. Mais déjà au Xll* siècle, Frédéric Bar-berousse évoque les souvenirs du droit romain, dont l’étude excital'enthousiasme des juristes dans les universités de Bologne et del'adoue.

Dès le treizième siècle il y a un véritable réveil de la culture ro-maine. Dans les lettres Dante ouvre l’ère de la culture italiennepar son magnifique poème de la Divine Comédie, et il fixe la langueitalienne. Après lui Pétrarque, au quatorzième siècle, s'inspire aussides auteurs anciens et il est couronné au Capitole.

Dans le domaine des arts le réveil de l'antiquité avait été plusprompt encore. Les Italiens empruntèrent à Constantinople la cou-pole des églises grecques, qu’ils adaptèrent aux colonnes et aux ar-cades romaines. Les Vénitiens commencent au X* siècle leur magni-fique église de Saint Marc, imitation de Sainte Sophie de Constan-tinople. Dès le XI" siècle toutes les grandes cités italiennes élèventdes monuments qui font aujourd'hui encore notre admiration, desdômes ou cathédrales, des tours ou campaniles, des palais : à Bisele Dôme, le baptistère et la tour penchée ; à Florence la belle églisede Sainte Marie des Fleurs ; à Milan le célèbre dôme en marbreblanc ; à Venise le palais ducal ; à I’avie la Chartreuse ; et une fouled’autres édifices qui font de l’Italie un musée des monuments lesplus variés et les plus splendides.

La peinture eut sa renaissance comme l’architecture. Les imagesdes Byzantins étaient raides et n’étaient destinées qu'à satisfaire lapiété. Cimabue au XIII e siècle et Giotlo au XIV e s'émancipent des typespurement religieux : ils observent la nature, étudient les monumentsantiques et inaugurent l'art moderne. Le goût des Italiens pour ladécoration des églises et des palais par la fresque, fit naitre unegrande quantité d’artistes, qui souvent étaient à la fois peintres,sculpteurs, architectes.

Au commencement du XV e siècle, un peintre flamand, Jean vanEyck, rendait aux arts un service aussi signalé que celui que Gul-temberg allait rendre aux lettres. Jusqu’alors on avait mélangé lescouleurs avec l’eau, et la peinture était à la détrempe. Van Kyck ima-gina de faire le mélange à l’huile ; il créa ainsi la peinture à l'huile,