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Histoire Moderne.
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l'obéissance absolue de l'inférieur à l’égard du supérieur. Le jésuiteappartient à son ordre corps et âme. 11 est moins que le bâton dansla main de celui qui s’en sert ; il est comme un cadavre. Le jésuitese doit à son ordre plutôt qu’à l’Eglise et il ne peut accepter aucunecharge ecclésiastique.

La vie des jésuites diffère beaucoup de celle des moines. Ces der-niers vivent dans la retraite, pour leur salut individuel, dans lejeûne et les mortifications. Rien de pareil dans la compagnie de Jésus :pas de solitude, pas d’austérités excessives, pas d’habit monastique.Les jésuites ne sont pas même tous ecclésiastiques et l’ordre ren-ferme beaucoup de laïques. Ils sont tous plus ou moins jetés dansle monde, mêlés aux hommes et aux affaires. Ils se répandirent surtoute la surface de l’Europe, dans les pays protestants comme dansles pays catholiques, s’immisçant dans tout, dans la politique,comme dans la vie privée.

Le but des jésuites, c’était le triomphe de ce qu’on a appelé l’ul-tramontanisme, c’est-à-dire des doctrines catholiques, telles qu’on lesprofesse en Italie. Ils voulaient soumettre à l'autorité du pape lesprinces et les peuples, rendre cette autorité absolue en tout et par-tout. Ils comprirent que pour réaliser ce but il ne suffisait pas commejadis des bulles pontificales et de la violence. Il fallait à tout prixrépondre à ces besoins intellectuels et moraux qui avaient fait écla-ter la Réiormation. Les jésuites allaient donc s’adresser aux cœurset aux intelligences, et prendre part au mouvement général des es-prits.

Les jésuites ont employé avec succès trois grands moyens d’ac-tion : la prédication, la confession et Y enseignement. L'ordre mettaittous ses soins à former pour chacune de ces vocations des hommesspéciaux. Ses prédicateurs captivaient la multitude, ses confesseurss'insinuaient auprès des princes pour s’emparer de leur conscienceet diriger leur conduite politique. Ses professeurs enfin ouvraientpartout des séminaires et accaparaient l’éducation de la jeunesse.

La papauté durant la seconde moitié du AT/" siècle. — La restau-ration catholique dut beaucoup aux pontifes de l’époque. Vie IV eti'ie V s'occupèrent activement à relever l’autorité du Saint-Siège. Gré-goire XIII se rendit célèbre par la réforme du calendrier julien.Mais le plus illustre pontife de cette époque fut sans contredit SixteQuint (Sixte V). Devenu pape à un âge déjà avancé, il déploya uneactivité prodigieuse et une rare énergie. L’Etat de l’Eglise était livréaux plus grands désordres : d'innombrables bandits y avaient orga-nisé le brigandage sur une vaste échelle. Sixte Quint résolût derendre la sécurité à ses états. 11 fit poursuivre les brigands de toute