MAUX ICE DE SAXE
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même les protestants célébrer leur culte, et quand le sanguinaireduc d'Albe lui proposa de faire exhumer et de livrer au bûcher lecorps de Luther, il répondit noblement : « Laissez-le dormiren paix ;« il a déjà trouvé son juge ; je ne fais pas la guerre aux morts. »>Toutefois l’empereur désirait vivement, dans l’intérêt même de sonautorité politique, mettre fin au schisme et rétablir l’unité de l’Alle-magne. C’est dans ce but qu'il pressait les protestants de reconnaî-tre le concile de Trente. Mais heureusement pour ces derniers, lepape qui redoutait autant qu’eux l’absolutisme de Charles Ouint, pro-rogea le concile sous de futiles prétextes.
L’empereur, très contrarié de se voir ainsi délaissé par le Saint-Siège, résolut de mettre lui-même la main à l’œuvre pour faire ces-ser le schisme. Il fit à cet effet rédiger dans la diète d’Augsbourgpardes théologiens des deux cultes une convention provisoire appeléeInti’rim, qui accordait aux protestants la communion sous les deuxespèces et le mariage des prêtres, mais qui les obligeait à se sou-mettre à l’autorité du pape. L’intérim mécontenta les deux partis. Lepape fut indigné de ce que l’empereur osait de son chef trancher lesquestions du domaine spirituel. Les états protestants s'y opposèrenténergiquement aussi ; mais contraints par les menaces ou par lalorce, la plupart durent céder. Tous ces événements causèrent unegrande sensation dans toute l’Allemagne. Les princes catholiqueseux-mêmes ne voyaient pas sans une vive inquiétude la manière dontl’empereur usait et abusait de son autorité. Ce dernier avait mêmel’intention de transmettre à son fils Philippe la couronne d'Allemagne.Or les Allemands avaient trop le sentiment des dangers que leurfaisait courir la puissance du père pour consentir à transmettre celle-ci au fils.
Révolte <le Maurice de Saxe — Aucun prince nesupportait plus impatiemment le despotisme impérialtjue le nouvel électeur, Maurice de Saxe. Eprouvantle besoin de se réhabiliter aux yeux de ses coreligion-naires qui attribuaient à sa défection tous leurs mal-heurs, il résolut de sauver la Réforme et la liberté del'Allemagne. Il s’allia secrètement avec Henri 11, fils etsuccesseur de Erançois I er .
L’empereur était à Inspruck, ne se doutant de rien.Tout à coup Maurice leva le masque. Il publia un ma-nifeste, dans lequel il déclarait prendre les armes pourdéfendre le culte protestant et maintenir la constitu-