XII e SIÈCLE
tiC
mes. Sur ces entrefaites Luther mourut. Il ne devaitpas voir cette lutte dont la perspective l'avait souventeffrayé. Ennemi de la violence, il avait toujours conseilléaux princes évangéliques de tout faire pour éviter laguerre civile. Sa mort sans doute fut une perte immensedans un tel moment, mais elle devait montrer que laRéformation de Luther n’était pas une œuvre éphémère.
Bataille de Muhlberg (1547). — Charles somma lesprinces protestants de reconnaître les décrets du con-cile de Trente et de dissoudre la liguede Smalkalde. Ilsrefusèrent d’obéir et la guerre civile éclata. Mais unedéfection imprévue désorganisa la ligue protestante. Leduc de Saxe, Maurice, ayant obtenu de l’empereur lapromesse que l’électorat de Saxe, qui appartenait à sonparent .Jean Frédéric, prince protestant, serait trans-féré à sa famille, abandonna ses coreligionnaires ettraita avec Charles Quint. Les princes protestants, ainsitrahis par un des leurs, ne purent résister à l’armée im-périale. L’électeur de Saxe fut vaincu à Muhlberg (surl’Elbe), fait prisonnier, puis jugé etcondamnéàmortparCharles Quint. Il ne sauva sa tête qu’en abdiquant en fa-veur de Maurice la dignité électorale, qui passa ainsi dela branche aînée ou Ernestine à la branche cadette ouMbertine. La branche Ernestine ne conserva (pie ladignité ducale avec une partie de ses anciennes posses-sions. Quanta l’infortuné.leanFrédéric, retenu parl’em-pereur dans une humiliante captivité, il déploya unegrandeur d’âme qui excita l'admiration et la sympathiede l’Allemagne et contrastait avec l’insolent orgueil deson vainqueur. La soumission de ce prince entraîna celledes autres membres de la ligue de Smalkalde.
L’intérim d’Augsbourg. — Kn se montrant si terrible aux vaincus,Charles (Juint avait bien plus en vue de briser toute résistance po-litique à son autorité que de porter atteinte à la Réforme. Il laissa