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Histoire Moderne.
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DISSENSIONS 1)1' PROTESTANTISME

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terres de l'Kglise, l'on comptait empêcher la Réforme de s’étendre àl'avenir. Les protestants refusèrent formellement d'adhérer à laRéserve ecclésiastique; mais celle-ci n'en fut pas moins promulguéepar l'empereur comme loi de l’empire.

Exclusion des Calvinistes el des Zwinqliens. — Du reste la paix dereligion ne concernait que les protestants, c’est-à-dire les membresde la Confession d’Augsbourg ; les réformés, c’est-à-dire les Calvi-nistes et les Zwingliens, en étaient exclus. Kn outre la liberté reli-gieuse n'était pas accordée aux sujets, mais uniquement aux Ktats,c’est-à-dire aux princes et villes d'empire. Les sujets qui avaient unculte différent de celui du prince avaient seulement le droit de ven-dre leurs biens et ils étaient libres de quitter le pays. Ces restrictionsrenfermaient le germe de nouvelles luttes.

Conséquences de la paixd’Augsbourg . — La paix de religion d'Augs-bourg est l'un des événements les plus importants de l'histoire del’Allemagne. Elle donna à la Réforme son existence légale. Elle di-visa l'Allemagne en deux camps, dont l'un, celui des protestants,allait servir de centre de ralliement à tous les ennemis de la mai-son d'Autriche et de l’absolutisme impérial. Enfin, elle étendit con-sidérablement la souveraineté des princes, en les laissant libresd'établir à leur gré dans leurs états le protestantisme ou le catholi-cisme.

Au règne agité de Charles Ouint succéda bientôt le gouvernementpacifique el modéré de l'erdinand 1” et de Maximilien II. Ces deuxprinces s’efforcèrent de calmer les haines religieuses et de maintenirla paix d'Augsbourg. Maximilien en particulier se montra si favorableaux protestants qu'on l’accusa de partager secrètement leurs doctri-nes. Grâce à cette bienveillance la Réforme fit de nouvelles conquêteset se répandit librement dans les Etats autrichiens.

Dissensions du jrroteslanlisme. — Les discordes, qui sur ces en-trefaites déchirèrent le protestantisme, arrêtèrent ses progrès. Deviolentes disputes théologiques éclatèrent non seulement entre lesCalvinistes et les Luthériens, mais au sein des Luthériens eux-mêmes,l’armi ces derniers, les uns, exagérant les doctrines de leur grandréformateur, se nommèrent exclusivement Luthériens, les autres, quipartageaient les vues conciliantes de Philippe Mélanchthon, furentappelés Dhilippistes. Les théologiens des divers partis s’analhémati-saient réciproquement el poussaient les princes à l'intolérance. L'onvit souvent un grand nombre de pasteurs et de maîtres d'école forcésde quitter leur patrie, parce qu’ils ne partageaient pas les idées dog-matiques du souverain. L’on vit même les opinions opposées tour à•our vaincues et victorieuses dans un même pays, et les victimes