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de la veille devenir les oppresseurs du lendemain. L'Eglise ro-maine ne tarda pas à profiter des tristes querelles de ses adver-saires.
18. Philippe II (1550-1598). — Abdication de CharlesQuint (1550). — Charles Quint fut vivement irrité del’agression d’Henri II et de la prise des Trots-Evêchés(p. 98). Dès qu’il eut fait la paix avec .Maurice deSaxe,il vint assiéger Metz. Mais il échoua devant l'intrépiderésistance du duc de Guise qui défendait la place ; il seretira en disant: .le vois bien que la fortune n’aime pasles vieillards. Charles Quint voyait donc ses vastes pro-jets échouer l’un après l’autre. A l’extérieur il n’avaitpas plus abaissé la France qu’arrêté les progrès desTurcs ; à l’intérieur il n’avait ni écrasé la Déformation nirelevé l’autorité impériale. Aussi le vieil empereur, lecorps affaibli par le travail et la maladie, l’esprit abattupar les revers, désirait le repos. Il abdiqua en faveur deson fils Philippe II ses couronnes d’Espagne, de Sicile,de Milan, des Pays-Bas, de Franche-Comté, ainsi queses possessions dans le Nouveau-Monde. Son frère Fer-dinand garda les Etats autrichiens et reçut la couronneimpériale. Dès lors la maison de Habsbourg ou d’Au-triche se trouve divisée en deux branches, la brancheaînée ou branche espagnole et la branche cadette oubranche allemande. — Charles Quint se retira dans lemonastère de St-Just en Estramadure, où il passa lesdeux dernières années de sa vie dans la dévotion etoccupé de travaux manuels.
Caractère, politique et puissance de l'hitippe II. — Philippe II avaitun caractère sombre et farouche, dissimulé et cruel, orgueilleux etfanatique. Ce despote fameux, sans avoir de grands talents, possé-dait une prodigieuse activité. Mais on ne le voit jamais comme sonpère parcourir ses vastes états. Il reste à Madrid, enfermé dans soncabinet, d’où il gouverne son empire.