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se soumettre à la honte de leur payer un tribut, afind’obtenir quelque sécurité pour leur commerce. De cecôté, la puissance de Philippe] [éprouvait donc un échec.
Conquête du Portugal (1580). — Le roi de Portugal,Sebastien, avait entrepris une expédition contre lesMaures en Afrique. Il fut tué dans une bataille : ne lais-sant pas d’enfant, son héritage fut bientôt disputé parplusieurs prétendants, parmi lesquels se trouvaitPhilippe II. Ce dernier fit occuper le Portugal par sestroupes. Les Cortez consentirent à le reconnaîtrecomme souverain, à condition que le Portugal eiïttoujours une administration distincte et que les droitsde la nation fussent maintenus.
Cette conquête et l’acquisition des colonies portu-gaises, qui en fut la conséquence, étaient pour la mo-narchie espagnole un immense événement. L’unitéterritoriale de la péninsule étaitenfin réalisée. Philippellachevait ainsi le travail lent du moyen âge et mettait lesceau à l’œuvre de Ferdinand le catholique. Il s’agissaitmaintenant de consolider cette heureuse union.Il fallaità cet effet prouver au Portugal que son intérêt bienentendu en demandait le maintien. Il fallait surtout parun gouvernement équitable lui faire oublier que sonannexion était le résultat d’une conquête. Philippe IIne sut pas ou ne voulut pas remplir ce rôle si naturelet si facile. Il viola toutes ses promesses. Il répandit desflots de sang pour s’all'ermir sur le trône qu’il avaitusurpé. Toutes les places furent données aux Espa-gnols. Les marchands portugais furent exclus desmarchés des Indes, ouverts aux seuls Castillans. EnfinPhilippe II résolut de ruiner pour toujours sa conquête,afin de la mettre dans l’impuissance de se révolter.
Les Portugais, irrités de la ruine et de l’humiliationde leur pays, n’attendaient qu’une occasion pour écla-