XV je SIÈCLE
84
Elle sut s’entourer de ministres habiles, sans se laisserdominer par eux, recherchant leurs conseils, mais seréservant toujours les décisions. Elle sut en particuliers’identifier elle et ses passions avec l’intérêt national.
En politique Elisabeth inaugura pour l'Angleterre uneère nouvelle. Elle abandonna les prétentions surannéesde ses prédécesseurs sur les provinces françaises. Ellecomprit que sa politique, bien loin d’avoir pour but desconquêtes continentales, devait s’efforcer au contrairede maintenir l’équilibre européen. Elle comprit surtoutque l’empire de l’Angleterre devait être essentiellementmaritime. Or comme l’Espagne à cette époque possé-dait l’empire des mers et exerçait une prépondérancedangereuse pour le continent, Elisabeth à ce doubletitre devait être l’adversaire de Philippe II.
Le gouvernement intérieur d’Elisabeth fut des plusdespotiques. Elle ne respecta ni les libertés individuellesde ses sujets, ni les anciennes institutions du pays. L’onvit sous son règne les lois les plus arbitraires et les con-damnations les plus illégales; les tribunaux et le parle-ment lui-même obéirent servilement à tous les capricesde la reine ; quiconque osait élever la voix contre le gou-vernement, soit dans le pays, soit dans les chambres,était aussitôt arrêté. Mais en dépit de ce despotisme,Elisabeth sut par son administration éclairée comme parsa politique nationale conquérir l’admiration et la sym-pathie de son peuple. La marine de l’Angleterre pritsous son règne un grand essor.
Elisabeth ne rencontra guère d'opposition que sur le terrain reli-gieux. Elle avait rétabli l'erganisation anglicane détruite par sasœur. Tous les fonctionnaires et les membres du parlement durent,sous peine de perdre leurs charges, prêter le serment de suprématie(p. .w). Elisabeth persécuta violemment ceux qui ne se rattachaientpas à l’Eglise anglicane, soit les catholiques, soit les non-confor-mistes, puritains ou autres. Elle détestait les principes démocrati-