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perfide, peu soucieuse des guerres de religion, ne songea qu’à sau-ver la couronne de ses fils. Impuissante à combattre ouvertement lespartis, elle chercha à user leurs forces en les opposant les uns auxautres, tantôt relevant le vaincu pour ne pas laisser le champ libreau vainqueur, tantôt se joignant à ce dernier quand elle n'osait résis-ter à la force. De là cette versatilité calculée, ces intrigues dirigéescontre tous les partis, ces trahisons, qui ont fait de cette Italienne untype de perfidie.
‘22. Premières guerres civiles.— Chaules IX. (1500-1574). — Le colloque de Poissy et l’édit de Janvier. —François II n’ayant pas d’enfant, son frère Charles IX,tjui n’avait que dix ans, lui succéda. Sa mère, Catherinede Médicis, chargée de la régence, désirait vivementrétablir la paix intérieure ; elle nomma chancelier Mi-chel de l’Hôpital et se laissa guider par les conseils decet ami de la modération et de la tolérance. Dans l’es-poir d’amener un rapprochement entre les deux partis,elle convoqua à Poissy (près de Paris) un colloque na-tional. Mais les prélats catholiques ne s’y rendirentqu’avec l’intention de le faire échouer. Théodore deB'eze et les ministres réformés ne [(tirent obtenir unediscussion sérieuse. Le colloque de Poissy ne servitdonc qu’à constater officiellement l’impossibilité d’unetransaction amiable entre les deux partis.
Malgré cet échec, Catherine persista dans ses projetsde tolérance et promulgua l’édit de Janvier, qui autori-sait la célébration publique du culte protestant, maisuniquement dans les campagnes. Les catholiques furentexaspérés de cet acte qu’ils considérèrent comme unetrahison de la régente. Les Kéformés, qui faisaient cha-que jour d’immenses progrès, voyant dans l’édit l’an-nonce de la prochaine victoire de leurcause, réclamaientdavantage. Pu reste ces derniers n’admettaient pas plusque leurs adversaires l’idée de la tolérance des opinionsreligieuses ; protestants et catholiques, tous combat-