Complot de Catherine et des Guises. — Catherineétait à la fois effrayée de l’irritation populaire et in-quiète de l’influence des calvinistes sur le roi. Char-les IX avait alors 21 ans. Esprit naturellement biendoué, mais caractère aussi faible et vacillant qu'impé-tueux et irascible, il avait été entouré de favoris ita-liens qui lui avaient perverti le cœur et il s’était tou-jours laissé dominer par sa mère. Cependant, depuisle traité de St-Germain, sa jeune âme, enflammée parles grands projets de Coligny, avait été subjuguée parle charme et la noblesse de ce beau caractère. Cathe-rine voulut faire des remontrances à son fils, qui lesreçut fort mal. Craignant alors de perdre son autorité,Catherine se concerta avec les Guises. Le fils aîné deFrançois de Guise, Henri, jeune homme de vingt-deuxans, ne demandait pas mieux que de venger sur Coli-gny la mort de son père.
Adhésion de Charles IX .— Les avertissements sinis-tres ne manquèrent pas aux calvinistes. Mais la con-duite du roi les rassurait. Charles IX en effet ignoraitl’horrible complot et se montrait l’ami sincère îles hu-guenots. Une tentative d’assassinat ayant eu lieu surColigny, le roi montra la plus grande colère contre lesGuises, accusés d’avoir dirigé le coup. C’est alors queCatherine et les chefs catholiques, résolus d’en veniraux dernières extrémités, firent un dernier effort pourgagner le roi. Ils l’effrayèrent de la perspective d’unsoulèvement général des catholiques ; ils l’assurèrentqu’il suffirait de la mort de Coligny et de quelqueschefs pour anéantir la Réforme et rendre la paix à laFrance. Charles IX, immobile et sombre, résista long-temps à l’idée de frapper Coligny. Enfin il céda tout àcoup, en s’écriant que puisqu’il fallait tuer l’amiral, ilvoulait alors que l’on tuât tous les huguenots, afinqu’il n’en restât plus un pour le lui reprocher après.