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Histoire Moderne.
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XVI e SIÈCLE

La nuit du 2i août. — Charles IX, une fois décidé,se montra plus ardent qu’aucun autre à exécuter lessanglants projets de sa mère. Il paraissait animé d’unevéritable fureur. Toutes les dispositions furent immé-diatement prises et le lendemain Üi août, jour de laSaint-Barthélemy (c’était un dimanchei, à deux heu-res du matin, le tocsin sonna le signal du massacre.Les Cuises se précipitèrent vers l’hôtel de Coligny,dont ils enfoncèrent les portes ; leurs satellites tuèrentl’amiral et jetèrent le cadavre par les fenêtres dans lacour, où Henri de Guise, après l’avoir indignementfrappé du [lied, l’abandonna aux outrages de la popu-lace. Le roi de Navarre, menacé de mort s’il n’abju-rait, consentit à faire profession de la foi romaine.

Les auteurs du massacre en voulaient surtout aux chefs. Mais lepeuple, une fois déchaîné, demandait l’extermination de tout le parti.Les maisons des huguenots avaient été marquées de blanc. Le car-nage fut effroyable. Dans cette nuit d’horreur, la populace donna unlibre essor à ces instincts féroces qui sommeillent dans les bas-fondsde la société et dans la lie des grandes villes. Les rues furent inon-dées de sang et partout l'on rencontrait des cadavres d'hommes, defemmes, d’enfants mutilés et trainés dans la boue.

Le massacre dans les provinces. — Les épouvanta-bles scènes de Paris se répétèrent dans plusieurs vil-les. Quelques gouverneurs refusèrent, il est vrai,d’obéir aux ordres de la cour ; les soldats de quelquesgarnisons déclarèrent qu’ils n’étaient pas des bour-reaux. L’on vit des bourreaux même refuser leuroffice, disant qu’ils n’étaient pas des assassins. .Maisces exemples furent rares. La dévastation et la mortse promenèrent pendant plusieurs semaines sur unegrande partie de la France. Nulle part les égorgeursne rencontrèrent de résistance. Les calvinistes étaientfrappés d’une stupeur qui ne leur laissait de courageque pour mourir. On peut compter l’Hôpital parmi les