tenta de dire : « Qu’ils chantent, pourvu qu’ils paient.»Mais bientôt l’agitation grandit et fut soutenue par larésistance du parlement.
Le parlement de Paris n'était pas comme celui d'Angleterre uneassemblée politique, mais une cour de justice, dont les membresavaient acheté leurs charges et les possédaient héréditairement. L’u-sage s’étant établi de faire enregistrer les édits royaux par le parle-ment, celui-ci prétendit avoir le droit de refuser cet enregistrement etde [aire au souverain des remontrances. La royauté repoussa toujoursces prétentions. Kn cas de refus d'enregistrement le monarque tenaitce qu'on appelait un lit de justice, c'est-à-dire qu’il se rendait enpersonne au parlement pour lui imposer sa volonté. Le parlement,qui sous des règnes loris était réduit au silence, profilait des époquesde troubles pour étendre son autorité. A la mort d'Ilenri IV, il pro-clama régente Marie de Médicis; et à l’avènement de Louis XIV dcassa le t-stament de Louis XIII. 11 cherchait donc à se faire considé-rer comine le représentant de la nation et à s'immiscer dans les affai-res publiques.
Journée des barricades — Le parlement re-
fusa d’enregistrer plusieurs édits concernant de nou-veaux impôts. Bientôt même il se constitua en assem-blée politique et réclama d’importantes réformes :aucun impôt ne devait être levé sans son autorisation ;personne ne pouvait être arrêté arbitrairement. Cesdemandes contenaient toute une révolution : c’étaitla monarchie absolue remplacée par la monarchie limi-tée. Le parlement de Paris semblait prendre pour mo-dèle celui d’Angleterre. A ce moment le peuple anglaisrenversait le trône des Stuarts. Aussi Mazarin avaitpeur et se montrait disposé à des concessions. Maisla reine Anne était furieuse et ne voulait rien céder.
Sur ces entrefaites, l’on apprit que legrand Condé ve-nait de remporter une éclatante victoire sur les Espa-gnols. Mazarin crut pouvoir tirer parti de ce succèspour faire un coup d’Etat ; et pendant que l’on chan-tait un Te I)eum à Notre-Dame, il fit arrêter troismembres du parlement. Aussitôt le peuple courut aux