Mil» SIÈCLE
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breux griefs de la nation. Le roi préféra dissoudre l’as-semblée et recourir de nouveau à l’arbitraire pour leverdes impôts et des soldats. Alors le courroux populaireredoubla ; les troupes envoyées contre les Ecossais selaissèrent battre ou désertèrent plutôt que de combattrecontre leurs frères. De toutes parts on réclamait la paixet la convocation des chambres. Charles dut céder. Iltraita avec les rebelles et réunit le cinquième Parle-ment qui allait devenir si fameux sous le nom de Long-Parlement.
Dispositions du Lony-l'arlnnent. — Le cinquième Parlement, bienplus encore que les précédents, arrivait décidé à défendre les droitsde la nation. A la vérité, au début il ne songeait pas à une révolutionpolitique, mais il réclamait simplement la destruction des abus et lemaintien de l'ancienne constitution du pays. Cependant peu à peu leParlement devait être entraîné dans la voie des innovations, moinspar sa faute que parcelle de la royauté. Charles, considérant chaqueconcession faite à ses adversaires comme arrachée par la violence, nese croyait pas lié par ses engagements. Alors les Communes, irritéesde la perfidie du monarque, se montrent toujours plus défiantes àson égard Kilos ne se contentent bientôt plus des anciennes garan-ties constitutionnelles, elles en réclament de nouvelles, exigent desréformes et se jettent ainsi peu à peu dans la voie des innovations.Le roi s'indigne que l’on attente à ses anciennes prérogatives et veutrésister. Ces obstacles irritent toujours plus les Communes, qui finis-sent par croire que le seul moyen de sauver leur part de souverainetéest de s'emparer de la souveraineté entière. Alors les deux souverai-netés, celle du roi et celle de la nation, sont en présence, et la guerrecivile éclate.
Les partis politiques. — A l'ouverture du Long-Parlement il n’yavait pas proprement de partis dans l’assemblée. Tous voulaient lamonarchie, mais une monarchie modérée, c’est-à-dire le gouverne-ment par le concours du roi et des chambres. Tous étaient donc roya-listes: tous aussi pouvaient se dire parlementaires, car tous pensaientque la souveraineté résidait à la lois dans le roi et les chambres, for-mant ensemble le Parlement, organe constitutionnel de la volonté na-tionale. Mais quelle était la part du roi et quelle était celle des cham-bres? Et en cas de dissentiment entre ces deux grands corps del’Etat, lequel devait être considéré comme le vrai dépositaire de lasouveraineté nationale ? Ici l'on ne s’entendait plus. Les uns, dévoués