LOUIS XIV
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et des ministres avec lesquels il s’entrelenaitdes affai-res de l’Etat, mais il n’eut plus de premier ministre.Voulant pratiquer ce qu’il appelait le métier de roi, ilordonna que tout lui fût désormais communiqué, de-puis la dépêche diplomatique jusqu’à la dernière re-quête. C’est par le travail qu’on règne, disait-il, etjusqu’à la fin de sa vie il travailla huit heures par jouret aucune affaire importante ne fut décidée sans lui.Sans doute l’initiative des grandes choses qui furentaccomplies sous son règne lui appartient rarement;mais il eut le bon sens de donner sa confiance à deshommes supérieurs.
Mazarin lui avait laissé Le Tetlier au ministère de la guerre,Lionne à la marine et aux affaires étrangères, Fouquet aux finances ;ce dernier ne tarda pas à être disgracié; il fut enfermé à Pignerolet traité avec tant de rigueur que quelques écrivains le regardentcomme le mystérieux personnage connu sous le nom de masque defer. Il fut remplacé par Colbert qui reçut le titre de contrôleur géné-ral des finances. Bientôt aussi Letellier laissa sa place à son fils lemarquis de Louvois.
Colbert et Louvois. — Lors même que Louis XIV n’a-vait pas de premier ministre, Colbert et Louvois exercè-rent une si grande influence sur lui que leur nom estinséparable de celui du monarque. Colbert apporta dansl’administration des finances d’importantes réformes. Ilprotégea l’agriculture et favorisa surtout l’industrie et lecommerce. Il fit creuser des canaux,construire des rou-tes, agrandir les ports. Il releva la marine et accrut lenombre des eolonies(en acquérant plusieurs des Petites-Antilles, en occupant la Louisiane, en s’établissant surla côte de Madagascar et dans les Indes à Surate,àChan-dernagor, à Pondichéry). En un mot Colbert chercha detoutes manières à exciter le travail, vraie source de laprospérité sociale, et c’est encore dans ce but qu’il