Band 
Histoire Moderne.
Seite
191
JPEG-Download
 

APOGÉE DE LOUIS XIV

191

■* égard dans le choix des ministres on des généraux qu'à leur soumis-

sion. Des mesures despotiques à l'intérieur, des usuipations à l’exté-rieur inaugurent cette ère nouvelle du règne de Louis XIV qui devaitamasser contre la royauté tant de haines au dedans et faire de laFrance, en Europe, un objet de défiance pour les peuples et un sujetde crainte pour les rois.

A l'intérieur le despotisme monarchique ne rencontrait plus aucunerésistance. Cependant l’autorité pontificale d'un côté, les libertés desprotestants de l’autre, la première reconnue par le culte national, lesS* dernières garanties par un traité solennel, formaient deux puissancesque le roi était obligé de respecter et qui lui portaient ombrage.L’autorité du pontife semblait braver celle du monarque, et l’hérésieprotestante était comme un défi jeté à cette unité absolue de la na-tion, but de la royauté. Louis XIV résolut de renverser ces derniersobstacles.

42. Apogée de Louis XIV (1(178-1685). — La Déclara-tion du clergé et le droit d’asile .— A la suite de certai-nes prétentions du St Siège, Louis XIV avait convoquéune assemblée générale du clergé de France. Celle-ci,sous l’influence de Bossuet, rendit une déclaration fa-meuse qui limitait sur plusieurs points l’autorité pon-tificale. Le pape Innocent XI condamna cette déclara-tion. Le roi en appela à un concile. Une circonstancenouvelle vint encore envenimer la querelle. Les ambas-sadeurs à Rome possédaient un droit de franchise, parlequel ni leur hôtel, ni le quartier qu’ils habitaient n’é-taient soumis aux visites de la police. Innocent XI vou-lut abolir cet abus, qui faisait d’une moitié de la villeun repaire pour les criminels. Tous les souverains yconsentirent, excepté Louis XIV, qui répondit : « Je ne* me suis jamais réglé sur l’exemple d’autrui, et Dieu m’aétabli, au contraire, pour servir d’exemple aux autres; »et il envoya des troupes à Rome pour soutenir son am-bassadeur. Le pape excommunia ce dernier. Le roi fitoccuper Avignon, qui appartenait au Saint-Siège depuisle moyen âge. L’irritation était si vive de part et d’autre,qu’un schisme semblait inévitable et qu’il fut question