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XVIie SIÈCLE
d’établir en France un patriarche indépendant du Saint-Siège. De son côté, Innocent XI devint un des promo-teurs d'une nouvelle coalition contre la France, et sahaine contre Louis XIV alla jusqu’à favoriser les pro-jets de Guillaume d’Orange contre Jacques II. Au reste,ces dissentiments n’avaient rien de sérieux : la crainted’un schisme effrayait Louis XIV et le clergé gallican,autant que le Saint-Siège, et le grand roi devait finirpar plier devant les exigences du souverain pontife.
Les articles de la déclaration de 1G82 sont considères comme lesbases de l'Eglise gallicane ; ils sont au nombre de quatre : 1° Saint-Pierre et ses successeurs n’ont reçu de puissance que sur les chosesspirituelles et non sur les choses politiques, le Seigneur ayant dit :Mon royaume n’est pas de ce monde. Par conséquent les princes nepeuvent être déposés, ni leurs sujets déliés du serment de fidélité parle chef de l’Eglise ; — 2" le concile général est au-dessus du pape,selon la décision du concile de Constance approuvée par le St-Siège ;— 3° l’autorité pontificale est réglée par les canons des conciles et nepeut rien prononcer contre les constitutions reçues dans l’Eglise gal-licane ; — 4° les jugements du pape ne sont pas irrévocables, tantque le consentement de l’Eglise ne les a pas confirmés. — Le premierarticle renversait l’autorité temporelle du St-Siège, le second et letroisième limitaient son autorité spirituelle ; enfin le quatrième met-tait en doute son infaillibilité.
Les chambres de réunion. — Les derniers traitésavaient cédé à la France un certain nombre de vil les avecleurs dépendances. Louis XIV, sous, prétexte de recher-cher quelles étaient ces dépendances, établit des espè-ces de tribunaux, appelés chambres de réunion, parcequ’ils étaient chargés de prononcer la réunion à sa cou-ronne des terres qui avaient jadis appartenu à l’Alsaceet à la Franche-Comté. Ces chambres adjugèrent à laFrance plusieurs villes importantes, telles que Deux-Ponts (qui appartenaità la Suède), Montbéliard lauWur-temberg), Luxembourg (àl’Espagne), enfin Strasbourg,qui était demeurée ville impériale au milieu de l’Alsace